Les logiciels traditionnels ne font pas le poids face au SaaS !

Guillaume Plouin

Guillaume Plouin

Responsable de l'offre Cloud Computing et Auteur de “Cloud Computing” chez Dunod, 2011

OCTO Technology

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30 mai 2008 6 commentaires

Coûts récurrents cachés, évolutions onéreuses, compétences rares. L'utilisation du modèle "software", basé sur la vente de licences perpétuelles atteint ses limites avec la montée en puissance du logiciel en tant que service en ligne.

Par Guillaume Plouin, responsable de la veille technologique chez SQLI
Blog : http://www.tendances.it
Après   avoir évoqué les aspects liés à l'organisation et à la gestion des identités, je reviens sur le SaaS. Cette fois pour parler finances. Si le modèle "software", lancé véritablement par Microsoft, propose d’acheter une fois pour toutes le droit d’utiliser une application de manière perpétuelle, il cache des coûts récurrents : support annuel, renouvellement des licences tous les deux ou trois ans. Par ailleurs, les évolutions régulières des logiciels sont à l’origine de coûts importants liés aux changements de configuration des serveurs et postes utilisateurs. Selon moi, l’exploitation des logiciels par l’entreprise nécessite également des compétences coûteuses, qui sortent souvent du métier de l’entreprise. Par exemple, une plateforme de messagerie n’est qu’une commodité, au même titre que l’électricité. Alors, pourquoi l’exploiter en interne ? Dans le modèle SaaS, le logiciel est hébergé par son éditeur ; l’exploitation et les mises à jour sont donc gérées par des spécialistes.
Des avantages indéniables
Il n’y a donc aucun déploiement à prévoir sur les serveurs ou postes de travail de l’entreprise. Par ailleurs, la mutualisation d’une plateforme et de ses équipes d’exploitation par plusieurs entreprises permet des gains évidents de coûts et de performances. Là aussi la comparaison avec la production d’électricité par un tiers (comme EDF) est très parlante. Enfin, avec les SaaS, on ne paie que ce qu’on utilise grâce à un système d’abonnement adapté à ses besoins. Connaissez-vous le nombre de grands comptes qui paient des licences Lotus sans les utiliser ? Autant de raisons qui font que pour moi, le modèle SaaS est beaucoup plus pertinent que celui des licences perpétuelles. Il est en effet incontournable, car il suit la logique actuelle de mondialisation et de réduction des coûts. Il se rapproche aussi, je crois, de la logique de virtualisation qui consiste à supprimer les ressources inutiles, comme les machines qui exploitent 10 % de leurs capacités.
Une migration inexorable
Je pense que l’avenir verra la montée en puissance - au détriment des softwares traditionnels - de ces modèles et de ceux en Open Source. Il existe beaucoup de complémentarités entre eux : les logiciels libres sont très utilisés par les plateformes SaaS. Les entreprises utilisatrices des SaaS utiliseront un socle libre pour leurs infrastructures réseaux, difficiles à externaliser, ainsi que pour leurs postes de travail qui accéderont en ligne à des applications à valeur ajoutée. A noter : les entreprises hésitent dans un premier temps à utiliser les SaaS, pour des raisons de confidentialité. Mais dès qu’elles sont rassurées par les garanties offertes, elles passent le pas pour réduire leurs coûts et se débarrasser des contraintes d’exploitation. La meilleure preuve, c'est que tous les grands éditeurs sont en train de se lancer sur ce nouveau modèle. Et la tentative de rachat de Yahoo par Microsoft montre que l’inventeur des licences perpétuelles a compris le sens de l’Histoire.
 

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6 Commentaires

J'aime bien la comparaison avec EDF mais j'y vois des limites que j'aimerai discuter. En effet, il est de notoriété publique que EDF perd une grande partie de sa production car elle n'est pas utilisée, en d'autre terme leurs infrastructures sont sur dimensionnées. Ceci se justifie pour pourvoir supporter les "Pics" d'utilisation, mais les consomateurs du service le payent. Dans le cas des Saas, les consomateurs sont ils prêts à payer une cote part d'infrastructures sur-dimensionnées, là ou lorsqu'ils hébergent ces services ils en gardent une maitrise très fine (au plus juste). La réponse est probablement OUI tant que l'effet mutualisation est suffisament rentable pour ramener le cout d'exploitation de ces infrastructures mutualisées en dessous du cout d'exploitation d'infrastructures internes. Mais les hébergeurs sont-ils suffisament gros et "rodés" pour celà ?
Savez vous s'il existe une liste des Saas ?Pour moi, une surcapacité raisonnable est indispensable aux fournisseurs de SaaS. Elle leur permet de faire face sans accroc à l'arrivée d'un nouveau gros client (avec par exemple, 30 000 nouveaux utilisateurs), à un accident sur un de leurs datacenters, à un problème de de fourniture d'électricité (ça arrive aux USA), etc.
Je ferai le parallèle avec les opérateurs réseaux : ils sont toujours en surcapacité pour pouvoir satisfaire une demande d'augmentation de bande passante de leurs clients.
Donc cette surcapacité est nécessaire et doit, comme vous le dites, être bien calibrée pour conserver l'avantage en terme de coûts.
Les fournisseurs de SaaS commencent à être rodés sur le sujet : Salesforce et Google proposent des disponibilités de 99,9%
Guillaume Plouin

Soumis par Koj (non vérifié) - le 02 juin 2008 à 07h24

Le discours proposé relativement simple n'aborde pas les difficultés générées par ce modèle (mais comment tout dire en une seule page!) : les problématiques d'intégration et d'évolution d'une part, de continuité de service d'autre part.D'un point de vue financier, ce modèle d'optimisation "verticale" peut paraître séduisant. En pratique, l'optimisation est souvent réalisée dans un mode "horizontal" (data center par exemple et mutualisation de ressources lorsque l'on dispose d'une taille critique). Donc les gains attendus ne sont pas si évidents. Particulièrement sans modèle de coûts, ce qui est le cas le plus classique dans une DSI.Enfin, la pratique montre que les tarifs proposés ne sont pas nécessairement attractifs (socle de base options à prévoir) en comparaison d'un achat classique. Le niveau de service attendu n'est pas véritablement personnalisable. Le prix à payer inclut un niveau de service dont on n'a pas nécessairement besoin.Un intérêt pour de nombreuses sociétés côtées réside dans la possibilité de lisser les coûts et de ne pas alourdir l'EVA.

Soumis par pch (non vérifié) - le 04 juin 2008 à 14h55

En effet les difficultés ne sont pas abordées.
Cf. billet en lien.
Sauf erreur de ma part, rien ne démontre que les éditeurs aient pris la mesure des investissements à réaliser hormis les géants comme Sap, Microsoft ou Google.

Soumis par Julien (non vérifié) - le 08 juin 2008 à 08h19

*** Suite commentaire précédent, le lien vers le billet ayant été tronqué.

Pour accéder au billet "Applications SaaS - Les premières alertes" :
Cliquer sur le lien de ce commentaire
Thématique technologies : (3ème billet)

Sauf erreur de ma part, rien ne démontre que les éditeurs aient pris la mesure des investissements à réaliser hormis les géants comme Sap, Microsoft ou Google.

Soumis par Julien (non vérifié) - le 08 juin 2008 à 08h24

Bonjour
100% d'accord avec l'analyse de Guillaume, j'y ajouterais juste qu'au delà du logiciel c'est toute l'informatique qui va évoluer avec le -aaS: infrastructure, développement, gestion des projets donc services et organisation.

@Koj: le problème de la surcapacité tel que posé est une illusion d'optique à mon sens. Un exemple: Amazon, désormais un des fournisseurs SaaS les plus intéressants et innovant (ou plutôt HaaS, pour Hardware). L'infrastructure fabuleuse d'Amazon était il y a 3 ans dimensionnée pour les pics de Thanksgiving et Noel, et utilisée en temps normal autour de 10% de sa capacité maximale. Amazon a donc décidé de virtualiser et de louer son infrastructure: conséquence une infrastructure utilisée à plein. A l'inverse je pourrais vous citer d'innombrables exemples de gabegies d'infrastructure et de logiciels dans des grandes entreprises (Gartner: 58% des logiciels achetés ne sont jamais mis en production...).

@pch: l'intégration des SI d'entreprise n'est pas si impressionante qu'il y ait des raisons de la regretter. Des solutions propres au SaaS émergent, chez RunMyProcess nous en proposons d'ailleurs une. SaaS est une révolution qui surmontra les obstacles que vous éoquez et d'autres, tout comme les informaticiens tenant du mainframe il y a 30 ans n'ont pas stoppé le PC en entreprise; tout comme personne n'a pu empêcher Internet de pénétrer partout dans les entreprises.
S'il ne devait y avoir qu'une seule raison ce serait le décalage grandissant entre la qualité de l'informatique grand public et ce qui existe dans la plupart des entreprises, en termes d'ergonomie comme de rapidité de déploiement ou d'adéquation au besoin des utilisateurs. C'est l'ensemble du "comment" de l'informatique professionnelle qui doit et va évoluer.

Soumis par Matthieu Hug (non vérifié) - le 08 juin 2008 à 20h45

Je trouve la comparaison avec EDF complètement hors de propos.

EDF livre de l'énergie et EDF n'a pas la responsabilité de stocker et traiter les données "privé et de travail" d'une entreprise.

Quant au "logiciel traditionnel qui ne fait pas le poids face au Saas" c'est un avis personnel de l'auteur pas du tout la réalité.
Ca va pour Madame Michou ou une entreprise dépassée par la technologie.

Il vaut mieux traiter certains rouages techniques dont dépend l'entreprise en interne. Sauf si on veut miser l'avenir de son entreprise ainsi que la confidentialité à des entreprises tierces.

Sans parler que niveau évolution de l'outil on dépend d'un service tiers. Bref Saas ça va quand on veut faire vite par manque de temps ou de compétence, ce n'est pas une stratégie pérenne.

Soumis par Nicolas (non vérifié) - le 10 juin 2010 à 17h01

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