Méfions-nous du Cloud Washing !

Guillaume Plouin

Guillaume Plouin

Responsable de l'offre Cloud Computing et Auteur de “Cloud Computing” chez Dunod, 2011

OCTO Technology

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05 décembre 2011 5 commentaires

Le Cloud Computing génère de grandes attentes dans les équipes métiers. Les acteurs du marché se le sont approprié, l'ont intégré parfois au forceps à leur marketing. Ainsi le sujet risque de se galvauder. Explication.

Il existe une définition aujourd’hui consensuelle du Cloud Computing. Elle a été écrite noir sur blanc par le  NIST (National Institut of Standards & Technologies) aux USA. Selon elle, un Cloud doit respecter plusieurs propriétés. La première est de donner la possibilité à l’entreprise utilisatrice de disposer de ressources en quelques minutes, en Self Service. La deuxième est de permettre la mesure de la consommation et le paiement à l’usage. La troisième est de fournir de l’élasticité, c’est à dire la liberté d’accroître ou de décroître les ressources (en donnant l’illusion d’une capacité infinie). Il faut aussi que l'information soit facilement accessible depuis n’importe où via le Web, en faisant abstraction sur la localisation géographique. La dernière est d'utiliser le partage de ressources entre entreprises utilisatrices pour tirer parti des possibilités d’automatisation, de mise à jour centralisée, d’effet d’échelle que permet la mutualisation.

Les fournisseurs et le Cloud

Passons en revue rapidement quelques offres Cloud : Google Apps (SaaS) et App Egine (PaaS) respectent bien cette définition du Cloud. Idem pour Salesforce CRM (SaaS) et force.com (PaaS), ainsi que pour Amazon Web Service (IaaS) ou OVH MiniCloud (IaaS). Et il y en a d'autres. Par contre, Microsoft Office 365 (SaaS) et Azure (PaaS) ne respectent pas à la lettre le principe de mutualisation des ressources car des machines virtuelles sont créées pour chaque client. Dans la même veine, Orange Flexible Computing (IaaS) ne permet pas la souscription en self service. Idem pour SFR SI à la demande (IaaS), et ClaraCloud (IaaS). Notons par ailleurs que VMware propose une offre très complète permettant la construction d’un Cloud Privé respectant notre définition.

Virtualisation ?

Par contre, si l’entreprise utilisatrice ne met pas en place le self service et le paiement à l’usage, elle mène selon moi un projet de virtualisation et non un projet de Cloud. Mon propos n’est pas de juger les offres qui ne respectent pas la définition. Elles ont aussi leur pertinence. Mais il me paraît essentiel de respecter les critères qui fond d’un Cloud un Cloud : dans le cas contraire, les promesses tacites ne seront pas tenues, on générera forcément une déception chez les utilisateurs. Et le Cloud ira rejoindre les Portail, SOA, EAI dans le cimetière des buzzwords galvaudés. J’ai la conviction que le Cloud est une mutation importante de l’informatique si on en respecte les gènes. Ne faisons pas du demi-Cloud !

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5 Commentaires

Étrange argumentation dans cet article :

"Microsoft Office 365 (SaaS) et Azure (PaaS) ne respectent pas à la lettre le principe de mutualisation des ressources car des machines virtuelles sont créées pour chaque client"....

Mais la création de machines virtuelles est précisément la technologie qui permet à différents utilisateurs de partager les mêmes ressources physiques, sans tout en préservant l’indépendance et l'isolation desdits utilisateurs. C'est donc par définition une technologie au service de la mutualisation.

D'ailleurs plus bas, on lit clairement que la virtualisation est une des technologies qui contribuent à la constitution d'un cloud, même si elle n'y suffisent assurément pas (notamment, le self-service et le paiement à l'usage sont deux autres prérequis).

Comment faut il comprendre alors la réserve formulée à l'endroit de l'offre Microsoft ??

Soumis par Ch Astier (non vérifié) - le 12 décembre 2011 à 15h32

Bonjour,

Les offres Microsoft évoquées sont des PaaS/SaaS.
Pour respecter le principe de mutualisation "multi-tenant" entre entreprises, les ressources devraient partagées pour la partie système/middleware dans le cadre du PaaS, système/middleware/applicatif dans le cadre du SaaS. Ce n'est pas le cas chez Microsoft.
La création de machines virtuelles à la demande, pour chaque entreprise, correspond en fait à une offre IaaS.

Guillaume

Soumis par PLOUIN (non vérifié) - le 13 décembre 2011 à 12h05

MARKESS International a édité à l’occasion des Etats Généraux EuroCloud France en mars 2011 sa cinquième édition du Baromètre des Prestataires Cloud Computing. Le SaaS continue de pénétrer le marché français et certaines administrations.

Soumis par gestion de projet (non vérifié) - le 17 décembre 2011 à 21h03

Grâce au SaaS cloud, l’ entreprise n’achète pas la licence du produit et donc son investissement passe du Capex à l’Opex, ce qui, dans le cadre des dépenses informatiques, est très apprécié des directeurs financiers en période de crise.

Soumis par gestion de projet (non vérifié) - le 10 février 2012 à 19h55

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