Quel modèle économique pour l'Internet des Objets ?

05 mai 2010 Laisser un commentaire

Si les objets viennent à porter en eux leur "raison d'être" comme je le rappelais dernièrement, il faudra peut-être leur intégrer des valeurs éthiques nouvelles, sous peine de contribuer à catalyser un certain chaos dans nos systèmes économiques...

Par Philippe Gautier, dirigeant de business2any.
Le modèle économique actuel est essentiellement basé sur la propriété individuelle de biens et l’utilisation de services. La valeur ajoutée économique s’obtenant surtout par leur consommation via un acte de vente, qu’il s’agisse d’une primo acquisition ou du remplacement d’un bien ou service devenu obsolète ou inutilisable. L’Internet des Objets, en permettant à ces derniers d’être « acteurs communicants » et de piloter leur propre partage, accentuera sans doute leur rôle d’agents économiques, qui suppléera celui de simples biens de consommation. Ils deviendront ainsi un peu plus des vecteurs de création de valeur économique pour les services et relativiseront la notion de propriété individuelle: partager un objet deviendra plus simple, voire plus avantageux que le posséder. En outre, en agrégeant des utilités nouvelles, les objets accentueront l’importance de cette part de création de valeur dans les services.
Les enjeux
Partager un objet apportera potentiellement des avantages, via l’interopérabilité des services qu’on y associera, que ne permettra pas sa seule possession. Nos modèles économiques devront donc naturellement se restructurer autour du partage et des règles qui y seront associées. Ces règles relèvent d’ordinaire de valeurs imposées - lois, règlements - ou intériorisées : comportements, cultures, savoir-faire… Ces dernières s’organisant généralement selon les premières. Il importe donc que les organisations « constitutives » (états, ONG, instances de gouvernance) soient prêtes à saisir les enjeux des transformations en cours et apprennent à y répondre si elles veulent être à l’origine des règles de partage. A défaut, ce seront les organisations transverses de la seconde sphère : réseaux sociaux étendus aux objets, communautés d’utilisateurs ou de citoyens, entreprises… qui, par auto organisation en seront les initiatrices.
Quoi faire ?
Les organisations qui  prendront cette initiative seront, d’évidence, aux commandes des questions économiques relatives au « partage » : coûts des réalisations, maintenance et gouvernance. S'il s'agit de faire des objets des acteurs à part entière de ces nouveaux modèles économiques et devant la difficulté à prédire les réactions des organisations concernées, pourquoi ne pas inclure dans la raison d’être de ces objets des finalités d'ordre éthique ? Par raison d'être je sous-entends au sein des intelligences logicielles qu’on leur associe. Reste à définir ces finalités, ce qui constitue un chantier majeur mais combien stimulant…Les réponses mettront du temps à émerger mais en disposant d’une bonne méthode, on pourra détecter, en amont, les problèmes soulevés et anticiper en conséquence.

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