La musique en ligne payante change de visages, une nouvelle approche ?

Jean de Chambure

Jean de Chambure

Directeur du Conseil Asia

L'Atelier Asia

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17 janvier 2005 Laisser un commentaire
Mots-clés : Europe

"Téléchargez moi légalement". Tel est le message qui apparaît sous le visage de 14 artistes français (dont Renaud, Eddy Mitchell, Françoise Hardy, Corneille) qui ont prêté leur image pour une...

"Téléchargez moi légalement". Tel est le message qui apparaît sous le visage de 14 artistes français (dont Renaud, Eddy Mitchell, Françoise Hardy, Corneille) qui ont prêté leur image pour une campagne d'affichage qui débute aujourd'hui pour une semaine sur toute la France. Cette campagne a été lancée par le Syndicat national de l'édition phonographique (SNEP), la Société civile des producteurs phonographiques (SCPP), l'Union des producteurs phonographiques français indépendants (UPFI), la Société civile des producteurs de phonogrammes en France (SPPF) et la Sacem, avec le soutien du ministère de la Culture et de la Communication.

Votre œil devrait s'y arrêter et vous faire peut-être oublié ce logo maladroit lancé par le Snep en mai dernier. Selon le syndicat il ne s'agit pas cependant d'un revirement, mais plutôt d'une autre manière de communiquer auprès des internautes. De les ramener dans le droit chemin avec une autre forme. Moins agressive à n'en pas douter.

Mais la forme est-elle suffisante ? Les quelques 400 à 500 000 titres qui sont aujourd'hui disponibles sur les sites de téléchargement payants commencent par ailleurs à connaître un certain succès, malgré les critiques des internautes sur le prix jugé encore élevé des chansons numérisées (en général 0.99 centimes l'unité), ou sur le manque d'interopérabilité entre les baladeurs numériques et les sites Web.

Cette relative réussite n'enraye pas cependant le nombre de téléchargements gratuits qui continuent de s'effectuer sur Internet, preuve que deux modèles peuvent sans doute coexister, et peut-être même se concurrencer positivement. Peut-être sommes nous au début d'un tournant ? Les institutionnels et les maisons de disques pourraient adopter vis-à-vis du Peer to Peer gratuit la même attitude que Microsoft vis-à-vis de Linux. Ne plus blâmer, ne plus attaquer, ne plus insulter, mais concurrencer avec des services intelligents qui donneront peut-être envie aux internautes de "télécharger légalement".

La clef de cet avenir appartient en bonne partie à ces services. L'intimidation ne semble pas très rentable. Pas plus que les premiers procès contre les utilisateurs de réseaux P2P qui ont eu lieu en France en fin d'année dernière.
Jean de Chambure
Rédacteur en chef
(Atelier groupe BNP Paribas - 17/01/2005)

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