No, Retail is not dead

Oussama Ammar

Oussama Ammar

Co-fondateur et Partner de The Family, maître de conférences à Sciences Po

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10 janvier 2014 4 commentaires

Si l'on projette les tendances de croissance actuelle, il paraît évident que le e-commerce continuera de phagocyter le commerce traditionnel. Marc Andreessen semble voir juste, lorsqu'il déclare : "Retail guys are going to go out of business and ecommerce will become the place everyone buys". Cependant, on ne peut pas anticiper le futur en projetant vers l'infini une croissance linéaire, cela revient à faire fi de l'ensemble les disruptions qui se produisent à cet instant dans le secteur du retail.

(Avec la collaboration de Nathanaël Arnéra)

Le e-commerce a connu une forte croissance grâce a un accès à des milliards de données, quasi gratuites, sur le comportement et les préférences de ses millions d’utilisateurs. Amazon a ainsi pu développer 70 000 expériences utilisateurs différentes, et ses algorithmes de recommandations sont à l’origine de 60 % des achats effectués sur sa plateforme. Mais cet avantage va tendre à disparaître aux cours de ces prochaines années. Avec le développement des objets connectés et de la géo-localisation intérieure, le Brick & Mortar se prépare à avoir accès à des données similaires pour un coût équivalent. En plus d’adapter plus précisément l’offre, le magasin va pouvoir, à l’aide de ces données, à nouveau capitaliser sur une intéraction humaine et personnalisée pour refaire du retail une expérience d’achat fascinante.

Un nouveau souffle pour les commerçants 

Face à ces disruptions qui nécessitent des investissements considérables, les commerçants ont à leur disposition des nouvelles plateformes qui leur permettent de devenir à nouveau compétitifs et de suivre cette course effrénée à l’innovation. Square offre une solution de paiement simple pour ipad et iphone, et projette de développer un écosystème d’applications autour de l’analyse et des statistiques des ventes. Vendhq rend accessible à tous un logiciel de gestion de stock prédictifs, qui aurait coûté plusieurs centaines de milliers d’euros à développer. Des commerçants peuvent désormais diversifier leurs activités dans la vente en ligne à l’aide de nouveaux logiciels. Ainsi, Shopify permet de créer une boutique en ligne, clés en main en moins de 15 minutes; Amazon marketplace offre une logistique de livraison facile et peu coûteuse, et youtube reste un outil efficace pour créer une image de marque avec peu d’investissement.

Un seul gagnant 

Néanmoins, si le Brick & Mortar rattrape son retard, il ne sortira pas vainqueur de cette lutte.  Imaginez la puissance de Square, lorsque 80 % des transactions transiteront sur sa plateforme, ou celui d’un Postmates, Ebay now ou d’un google shopping express lorsqu’il livrera l’ensemble des achats effectués en ligne. Ainsi, contrairement à ce que pense Andreessen, les réels gagnants de la disruption numérique dans le retail ne sont pas les acteurs du e-commerce, mais sont les plateformes qui auront obtenu le monopole de l’accès à l’ensemble des données et celles qui seront parvenues à avoir le dernier mot sur l’expérience d’achat. Le retail n’est peut être pas mort, mais il devient de plus en plus dépendant des offres et des services en ligne devenus indispensables pour rester compétitif.

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4 Commentaires

En effet le Retail n'est pas mort, avec HappyBeacon.com nous travaillons pour créer davantage d'interactions avec le visiteur et l'espace physique, notamment grâce à la technologie iBeacon. Plus d'infos sur http://happybeacon.com/

Soumis par Benjamin.D (non vérifié) - le 28 janvier 2014 à 11h46

Retail is not dead, long live retail !
Depuis le Bon Marché, les habitudes et les goûts des consommateurs évoluent mais le désir de garder le contact avec le produit reste.
Les magasins offrent souvent l'Expérience que le online peut égaler . En Espagne, Diesel propose des vestiaires connectés où vous pouvez interroger vos amis. Communautés en magasin jouent un rôle plus important, aussi, de commerces de détail construire loyauté, la confiance et les ventes en favorisant de véritables communautés. Au Texas, la chaine de magasins de vélo Mellow Johnny offre aux randonneurs des douches, des cours gratuits et une boisson chaude pour recharger les batteries. Près de Londres, un détaillant de meubles propose à ses clients de voter en ligne pour des meubles qu'il fabriquera mais dont les clients pourront voir la création en atelier/boutique. Il s'agit d'une "perturbation" du modèle classique où le consommateur est à la fois acteur, créateur et finalement acheteur.
Les enseignes qui n'arriveront faire passer de la consommation à l'expérience risquent de ne plus pouvoir se différencier du web.

Soumis par Karim IBKA (non vérifié) - le 30 janvier 2014 à 15h22

Bien sur qu'il n'est pas mort le RETAIL! Tout porte à croire qu'il fera mieux que resister à Internet et cela pour plusieurs raisons :
1. comme la télé n'a pas tué la radio, le web ne tuera pas les magasins physiques. Résisteront les magasins qui sauront additionner leurs forces historiques (celles qui ont fait leur succès pendant
des années et qu’ils ont oubliées, peYt à peYt, au fur et à
mesure de leur croissance) à ce qui fait la force des nouveaux
entrants sur le marché .
2.Face à un client en perpétuelle mutation, le commerce doit changer avec lui, intégrant en magasin tout le digital qui apportera réassurance et aide auprés des consommateurs
3. le client est pluriel, cad qu'ila des attentes différentes suivant le moment d’achat, le lieu d’achat, le produit à acheter ou même parfois la météo ou juste son humeur; pour cette raison, tous les canaux resteront nécessaires.
4. Le mobile a envahi nos vies et c'est un excellent moyen pour faire venir les clients en magasin
5. Le showrooming est une opportunité, plus qu'une menace, car un client présent en surface de vente concrétise 20 X plus son achat que sur le net !
6. Le point de vente devient un lieu de destination, où l'expérience vécue devient irremplacable et apporte de l'attachement à la marque (sur tous les canaux)
7. Rien ne remplacera jamais le contact humain, et l'approche relationnelle des vendeurs !

Alors oui, certains magasins ne survivront pas, mais ceux qui auront l'intelligence de s'adapter n'en sortiront que plus forts !

Soumis par Marie Claude DELANNOY (non vérifié) - le 05 février 2014 à 11h53

@MCD "Rien ne remplacera jamais le contact humain" Aujourd'hui, une des principales valeurs ajoutees recherchees lrs du "contact humain" est le conseil sur un produit, or les vendeurs en tres grande surface sont rarement des experts concernant chacun des produits qu'ils couvrent. Avec internet, on a rapidement acces a un grand nombre de retour client, via les commentaires, avant meme d'acheter. C'est pour mi de meilleure qualite qu'un contact humain pauvre.
Mais ce n'est pas pourca que le B&M n'a pas de solution pour s'adapter !

Soumis par Rim (non vérifié) - le 21 février 2014 à 06h16

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