Les projets informatiques, pas aussi innovants que les technologies ?

Raymond Sclison

Raymond Sclison

Directeur technique

SSII Cosmobay-Vectis

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13 octobre 2008 2 commentaires

Les professionnels de l'ingénierie informatique semblent parfois imperméables aux évolutions techniques qui se multiplient. Les méthodes agiles leur permettraient pourtant de ne pas être à la traîne...

Raymond Sclison, directeur technique de la SSII Cosmobay-Vectis.
Je ne peux m'empêcher d'être frappé par la différence des vitesses d'évolution de la technologie et du savoir-faire informatique. Nous vivons dans un maelstrom dans lequel toutes les technologies sont en perpétuel mouvement (parfois cyclique d'ailleurs !), dans lequel l'innovation est devenue indispensable à la croissance. Un monde dans lequel on invente sans cesse de nouveaux usages. Dans le même temps, le métier de l'ingénierie informatique, en tout cas tel qu'il est pratiqué dans l'écrasante majorité des projets, se révèle être d'un conservatisme exaspérant. Je ne voudrais pas passer pour un contestataire simpliste mais avouons que les méthodes de conduite et de management "classiques" (on prendra comme exemple la méthode en V) ne sont pas toujours des exemples de réussite.
Populariser les méthodes agiles
On a souvent pris comme excuse l'incapacité notoire des maîtrises d'ouvrage à définir leurs besoins. Mais la rapidité croissante d'évolution des métiers rend cette incapacité systématique et inévitable. Alors qu'attend-on pour donner un peu plus de chances à d'autres méthodes et aux méthodes agiles pour ne pas les nommer ?  Alors que les évolutions technologiques nous permettent de maquetter rapidement, rares sont les projets qui savent mettre en oeuvre un maquettage systématique. Mais le plus grand obstacle est à mon avis la résistance au changement. Car le pendant de ces méthodes agiles est qu'elles demandent une profonde remise en cause aussi bien de la maîtrise d'oeuvre que de la maîtrise d'ouvrage.
Se tourner vers la coopération
La maîtrise d'oeuvre doit apprendre à travailler avec des spécifications par nature mouvante, à encourager le travail coopératif et l'évaluation constante. La maîtrise d'ouvrage doit apprendre à revoir ses ambitions et ses priorités et à considérer le projet comme un travail non plus bipolaire mais vraiment coopératif. Peut-être faut-il comme en de nombreux cas un changement générationnel pour voir les choses évoluer. Car l'écart est encore grand entre les quelques expériences rapportées dans la presse de mise en oeuvre de ces méthodes agiles - dont je ne prétends pas qu'elles sont la panacée - et la réalité quotidienne des projets.

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2 Commentaires

Article intéressant même si je trouve les conclusions un peu radicales, n'est ce pas plutôt bon signe de voir les professionnels conserver une certaine distance avec les effet de mode. Je trouve qu'il faut plutôt sans réjouir et il me parait juste d'attendre une véritable maturité des technos avant de foncer tête baisser sur une nouvelle mode.

Soumis par bruno (non vérifié) - le 13 octobre 2008 à 17h49

@ Bruno, je suis d'accord sur le risque d'effet de mode.

Mais je pense - à mon humble avis - que
dans cette chronique le cas présenté est plus sur des stratégies de fond.

Pour avoir été formateur, le simple changement d'une icône prends parfois des dimensions hallucinantes...

Combien de Patch existent pour obtenir l'ancienne interface sur des nouvelles versions de logiciel...

Au fond pourquoi n'aimons nous pas le changement ? N'est ce pas souvent parce qu'avant tout on ne comprend pas ce qu'il nous apporte...

Au fond on se demande avant tout ce que l'on va gagner ?

Mais parfois ne pas s'adapter revient à choisir de périr ...

:)

Soumis par Arnaud VELTEN (non vérifié) - le 16 octobre 2008 à 10h53

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