Reprise des investissements informatiques : les chiffres clés et la fable du Héron !

Jean de Chambure

Jean de Chambure

Directeur du Conseil Asia

L'Atelier Asia

En savoir plus sur l'auteur

16 juin 2003 Laisser un commentaire
Mots-clés : Moyen-Orient, Europe

Depuis le début de cette année, certains indices laissent présager que tout ne va plus si mal dans le secteur des technologies de l’information. Côté matériel, rappelons par exemple que, selon ...

Depuis le début de cette année, certains indices laissent présager que tout ne va plus si mal dans le secteur des technologies de l’information. Côté matériel, rappelons par exemple que, selon Gartner, sur la zone EMEA (Europe, Moyen Orient, Asie), les ventes de serveurs ont crû pour la première fois depuis le dernier trimestre 2001 (+11,8 %) tandis que celles des imprimantes sont en croissance de 9,2 % par rapport au premier trimestre 2002. La vente d’ordinateurs portables aux entreprises progresse aussi, notamment en France, comme le montrent les derniers chiffres sur la micro-informatique publiés cette fois par IDC… La reprise est-elle donc en train de venir du côté des machines ? Difficile de l’affirmer, mais dans l’esprit de beaucoup de commentateurs, le matériel informatique est au secteur des TIC, ce que le bâtiment fût à l’économie à l’époque de Prévert : quand le matériel repart, tout repart !… De fait, les derniers chiffres (de nouveau Gartner) que l’on possède sur le secteur mondial des services IT sont plutôt encourageants (cf. Lettre de l’Atelier du 4 juin 2003). Alors que l’an passé, le secteur perdait 0,6 % par rapport à 2001, avec un chiffre d’affaires global de 536 milliards de dollars, le marché des services devrait représenter cette année 555 milliards de dollars, soit une hausse 3,5 % par rapport à 2002 ; 5,2 % de croissance sont par ailleurs prévus pour 2004 ! Au-delà de l’amélioration concomitante des chiffres du matériel et des services, dont l’espérance de vie reste courte, on constate une plus forte proximité entre les discours des acteurs du secteur et ceux des entreprises dites « traditionnelles ». En plus d’avoir été particulièrement sévère pour les TIC, l’année 2002 avait parfois vu s’accroître un fossé entre deux continents censés être proches : celui de l’offre, toujours porteur de grands projets informatiques datant parfois du « début du siècle », et celui de la demande, encore marqué par la « bulle Internet/Télécom » et timoré par la conjoncture économique. Aujourd’hui, à force de propositions rejetées, de rencontres, de réajustement, de nouvelles analyses, d’imaginations retravaillées, les deux continents semblent à nouveau se rapprocher. L’offre recentre ses propositions sur des projets plus spécifiques, mieux ciblés, moins coûteux… C’est ce que certains analystes appellent « le passage du concept du changement complet de tuyauterie à celui du bon joint remplacé au bon endroit ». Du côté des entreprises, les ailes des projets informatiques sont revues à la lumière des contraintes budgétaires plus rigoureuses. Cependant, la nécessité de rester compétitif, d’acquérir une meilleure infrastructure ou de se familiariser avec une application métier plus performante, semble peu à peu reprendre le pas sur la crainte - parfois bien légitime - de perdre de l’argent avec un projet trop ambitieux. Certaines directions informatiques tiennent donc de nouveau en compte l’esprit de cette fable de La Fontaine (Livre V, fable 4), qui décrit un héron hésitant à manger un brochet, puis des tanches, puis du goujon, pour finir par se contenter d’un pauvre limaçon… Autrement dit, au fur et à mesure que vous hésitez à saisir une opportunité de progrès technologique, celle-ci se transforme en banalité nécessaire, puis en retard pénalisant la compétitivité de vos activités. Nos dernières et prochaines conférences (concept de l’ESB (Entreprise Service Bus), mise en place de Linux, STP (Straight Through Processing) pour les institutions financières,…) ont ou vont révéler à leur manière, cette tendance du secteur des TIC. Jean de Chambure Si vous souhaitez réagir, envoyer nous un e-mail à : medias@atelier.fr

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas