Retour sur le SIGGRAPH : La vie imprimée en 3D!

Pierre Hénon

Pierre Hénon

Président

Paris ACM Siggraph

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17 octobre 2013 1 commentaire

En juillet, à Anaheim, en Californie, c'était le Siggraph. L'objectif était de réunir tous ceux qui travaillent avec l'informatique graphique - qu'ils soient chercheurs, développeurs, réalisateurs, truquistes, fabricants, artistes, étudiants... - et de leur permettre de confronter leurs travaux. Avec une tendance majeure cette année : l'impression 3D !

Avec la collaboration de Cécile Welker.

C’est la première fois que nous avons vu apparaître dans la conférence scientifique une session entièrement consacrée à l'impression 3D. Certains laboratoires se sont penchés sur le mélange de matériaux, d'autres chercheurs plutôt sur la vérification de la solidité des modèles. Et c'est dans une session sur le design que nous avons découvert que l'institut de technologie de Zurich, associé à notre INRIA national, a développé un logiciel pour aider à la viabilité de l’objet imprimé. En effet, il n’est pas si facile de dessiner une modélisation 3D sur son ordinateur qui serait viable en objet réel imprimé. Ce logiciel aide donc à déterminer les vides que l'imprimante doit laisser dans une figurine pour que celle-ci tienne en équilibre une fois imprimée.

Dans la galerie d’art, nous avions remarqué une pièce de vannerie hybride, qui mélange tissage manuel et impression 3D. Cette pièce de design faisait écho à une conférence artistique où Amit Zoran, chercheur au prestigieux MIT Lab, s’est intéressé au lien entre artisanat et nouvelles technologies.

Améliorer les films en 3D

Les studios de production et d’effets spéciaux aussi se sont mis à la 3D. Lors des très attendues séances de productions, où chaque studio partage ses secrets de fabrications à propos des derniers blockbusters, Laika nous a présenté son dernier projet de film, The Boxtrolls, dont la sortie est prévue en 2014. Faisant suite au travail réalisé dans L’étrange pouvoir de Norman, le studio revisite la stop motion en l’associant aux dernières technologies de modélisation et d’impression 3D pour créer des millions de combinaisons possibles et améliorer les performances d’animation des personnages. Une fusion qui a déjà permis au studio deux nominations aux Oscars et une touche reconnaissable sur ses films, reliant un peu plus la stop motion aux VFX, nous rappelant que c’est Georges Méliès qui avait découvert par hasard cette technique d’arrêt caméra et qui en avait fait le premier effet spécial du cinéma.

Repartir avec son clone numérique

Et nous avons terminé la visite de ce SIGGRAPH par un tour du "studio", sorte de fablab à dimension monumentale, qui proposait au visiteur de se faire scanner intégralement, pour repartir avec sous le bras un fichier de son « clone » numérique. Fichier qui permet de faire une impression 3D de soi-même, et qui perpétue le mythe de l’ubiquité, et de la survivance numérique, que l’on pense immuable.

Le SIGGRAPH, comme tous les studios, laboratoires et écoles d’art qui expérimentent déjà depuis quelques années, confirme que cette nouvelle technologie de l’impression 3D n’est pas loin de révolutionner notre quotidien. Depuis les premiers prototypes, les prix de ces imprimantes ne cessent de baisser et de démocratiser la pratique, pour descendre sous la barre des 1000 €. Des sites spécialisés d’aide à la production ont même vu le jour comme la société Scupteo qui était présente sur le stand français de l'exposition professionnelle pour partir à la conquête du marché nord américain. Et chacun rêve, comme à la Maker Faire, de pouvoir fabriquer ses pièces cassées pour ainsi lutter contre l’obsolescence programmée.

 

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1 Commentaire

La société française a pour nom : Sculpteo (pas Scupteo).

Soumis par Rc (non vérifié) - le 04 novembre 2013 à 10h39

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