Le rôle clé des logiciels pour l'informatique verte

04 mai 2010 1 commentaire

Les entreprises renouvellent leur flotte informatique en moyenne tous les trois ans. Cette hérésie économique et écologique est essentiellement due aux besoins croissants en ressources des logiciels.

Par Frédéric Bordage, expert Green IT et fondateur de GreenIT.fr
L’ordinateur le plus "vert" et le plus économique est celui qu’on utilise le plus longtemps possible. Pourtant, des études montrent que la durée d’utilisation d’un ordinateur est passée de 6 ans en 1997 à moins de 3 ans en 2005. Pourquoi change-t-on si souvent d’ordinateur ? C’est la faute aux logiciels ! Frédéric Lohier, mon binôme sur GreenIT.fr, a calculé l'empreinte en ressources (mémoire, CPU, espace disque) du couple Windows 2000 - Office 2000 comparée à celle du couple Windo-s 7 et Of ice 2007. Tenez vous bien : il faut 8 fois plus de puissance processeur, 18 fois plus de mémoire vive, et 9 fois plus d’espace disque pour envoyer le même mail ou écrire le même texte qu’il y a 10 ans. Une inflation justifiée ? Non, car nous n’écrivons pas plus vite avec Windows 7 qu’avec Windows 2000. Et je doute que l’effet "glossy" introduit par Windows Vista et ses alertes augmentent la productivité des salariés.
Les besoins en ressources directement liés à la marge des éditeurs
Alors pourquoi faut-il plus de puissance matérielle pour exécuter des logiciels dont les fonctions essentielles sont toujours les mêmes ? Parce que les éditeurs codent avec leurs pieds ! Essentiellement pour deux raisons. D’abord pour favoriser les ventes des nouveaux matériels de leurs partenaires fabricants dont l’unique argument était la course à la puissance. D’autre part, pour augmenter leurs marges. Les éditeurs assemblent des composants standard sur des framework s'exécutant eux-mêmes au-dessus de machines virtuelles qui s'exécutent au-dessus du système d’exploitation, etc. C'est cet empilement, inutile d’un point de vue technique mais incontournable au niveau économique, qui provoque l'obsolescence programmée des postes de travail et des serveurs en entreprise. D’autant qu’on observe un effet multiplicateur entre les différentes couches logicielles : les configurations minimums requises par chaque logiciel s’additionnent.
La DSI peut inverser la tendance
Au final, la direction informatique doit absorber des besoins en ressources (CPU, mémoire, etc.) plus importants pour permettre aux éditeurs et aux fabricants de faire des profits. Cette situation n’est ni économique, ni respectueuse de l’environnement. Pour mener une politique Green IT efficace, la DSI doit inverser le rapport de force avec ses fournisseurs. Nombre d’entre-elles l’ont déjà fait en refusant de migrer vers Windows Vista. Elles ont allongé le cycle de vie de leurs postes de travail de 1 à 2 ans en attendant Windows 7. C’est un excellent début, qui a permis une prise de conscience essentielle : l’entreprise peut gagner autant d’argent même si son système d’information ne repose pas sur les dernières versions de logiciels. Gageons qu’il ne s’agisse pas d’un faux départ. Car l’allongement du cycle de vie des postes de travail au delà de 6 ans permettrait d’économiser des millions de tonnes de CO2 et près de 300 millions de tonnes de déchets hautement toxiques à l’échelle mondiale.

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1 Commentaire

La conclusion est un peu rapide ... S'il faut environ 10 fois plus de puissance informatique, c'est parce qu'on est passé d'un mode texte/caractère à un mode graphique.
Il faudra encore 10 fois plus de puissance pour passer d'un mode graphique à un mode image/video.

Heureusement, la multiplication de la puissance informatique ne veut pas dire la multiplication des coûts ni multiplication de la consommation d'énergie. ouf!

Enfin, il existe tout un marché de l'occasion qui permet de recycler "en cascade" les ordinateurs.

Soumis par Xavier (non vérifié) - le 07 mai 2010 à 14h32

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