Smart City : l’heure de vérité aux Etats-Unis

Nathalie Doré

Nathalie Doré

CEO North America

L'Atelier

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05 avril 2016 Laisser un commentaire
De nombreuses personnes qui traversent un passage piéton à New York.

Un Américain sur trois habite déjà l’une des trois plus grosses villes du pays et cela s’amplifie. Le passage à la « Smart City » est désormais urgent outre-Atlantique. Au service du citoyen urbain.

Le sujet de la « Smart City », cher à L’Atelier qui y travaille depuis plusieurs années, de Paris à San Francisco en passant par Shanghai, devient brûlant aux Etats-Unis. Le pays est parvenu au point de basculement où il réalise que les modèles de villes, tels qu’ils ont été pensés au siècle dernier, ne pourront pas traverser les challenges à venir.

Les villes américaines – comme beaucoup d’autres dans le monde – doivent se transformer, tout en s’appuyant sur un legacy, un héritage, très lourd. De fait, il ne s’agit pas de créer une ville intelligente de zéro mais bien de faire évoluer des villes existantes.

Chaque heure, dix nouvelles personnes emménagent à New York

La tendance mondiale à une urbanisation croissante – en 2050, plus de 65% de la population mondiale vivra en ville sur à peine 2% de la surface du globe – se vérifie particulièrement aux Etats-Unis. Un Américain sur trois habite l’une des trois plus grosses villes du pays et cela s’amplifie. Chaque heure, dix nouvelles personnes emménagent à New York.

Ce défi de l’urbanisation et de l’accroissement de la population dans les villes pose évidemment un problème de ressources : eau, alimentation… Il faut repenser la manière de consommer les ressources. C’est ainsi que l’on voit beaucoup de solutions apparaître autour de l’alimentation et de l’agriculture. Au-delà du burger sans viande (que nous avons testé à San Francisco chez Impossible Foods et qui est, très subjectivement… excellent !), il s’agit de limiter le gaspillage et d’optimiser les ressources.

Vue de Brooklyn

Des infrastructures vieillissantes

En grossissant sans cesse, les villes américaines doivent aussi faire face à une équation très compliquée dans le domaine du transport. Il y a de plus en plus de monde, donc plus d’embouteillage (car les Américains restent très « voiture »), dans une infrastructure vieillissante, que ce soient les routes ou les transports publics, et où les citoyens aux revenus modestes doivent s’éloigner de plus en plus de leur lieu de travail car l’immobilier flambe.

Le facteur finalement le plus important à ne pas oublier de l’équation est la qualité de vie des habitants, quel que soit leur niveau social.

Preuve d’une prise de conscience sur le sujet aux Etats-Unis, le président Obama a annoncé en septembre dernier son initiative: « Smart Cities » qui prévoit un investissement de 160 millions de dollars dans la recherche et aussi l’utilisation des nouvelles technologies. Ce sera un minimum. Un rapport de Bloomberg Philanthropies a ainsi dernièrement révélé que seules 28 % des villes américaines de tailles moyenne adaptent leurs programmes en fonction de l’analyse des données qu’elles collectent.

Or, c’est là que réside le sujet clé : l’humain, le citoyen. C’est par lui que la data est le plus souvent collectée. C’est aussi pour lui qu’elle est analysée. Après avoir parfois été un peu oublié, le citoyen revient au centre de plusieurs initiatives. Ainsi, Sidewalk Labs, une spin-off de Google, crée des entreprises en partenariat avec des entrepreneurs.

Des jeunes dans la rue à Oakland.

Relier Brooklyn à Manhattan en une trentaine de minutes

Autre exemple, le projet East River Skyway, sorte de télécabine des villes. Les Français les connaissaient surtout à la montagne. Dans d’autres cités du monde, comme Singapour mais aussi Memphis pour rejoindre la Mud Island, elles se sont déjà imposées. Leur atouts sont nombreux : ultra-rapides, écologiques et intégrées, ses télécabines peuvent contenir jusqu’à 35 personnes. A New York, des études ont établi qu’elles permettraient de relier Brooklyn à Manhattan en une trentaine de minutes. Soit 25 minutes de moins qu’actuellement.

On le voit : le citoyen urbain est au cœur de ces innovations car leur moteur principal, c’est bien la qualité de vie dans les villes du futur !

 

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