Sous le soleil des nanotechnologies : avenir incertain, mais presque garanti…

Jean de Chambure

Jean de Chambure

Directeur du Conseil Asia

L'Atelier Asia

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25 mai 2004 Laisser un commentaire
Mots-clés : Amérique du Nord, Europe

Pour beaucoup d’observateurs, les nanotechnologies sont en train d’acquérir un pouvoir mythique aussi considérable que l’astronomie dans les années 60. Une véritable révolution est en marche...

Bulle ou révolution ?Les nanotechnologies vont entrer en BoursePour beaucoup d’observateurs, les nanotechnologies sont en train d’acquérir un pouvoir mythique aussi considérable que l’astronomie dans les années 60. Une véritable révolution est en marche, incertaine, mais presque garantie de succès à mesure que les investissements s’accumulent et que les potentiels industriels se dessinent clairement : santé, énergie, électronique, automobile, aéronautique… Ces techniques de contrôle, de manipulation et d’assemblage d’atomes vont probablement nous ouvrir un avenir infiniment grand. Dans le seul domaine électronique, les techniques de la micro-informatique qui agrègent des millions d’atomes pour fabriquer des puces arrivent progressivement aux limites de leurs performances physiques. Pour continuer à réduire significativement la taille des semi-conducteurs, la prochaine étape nécessaire sera celle de la manipulation de l’unité atomique, donc des nanotechnologies. Une blague ? Intel vient d’annoncer à ce sujet un investissement de 2 milliards de dollars en faveur d’équipements industriels prévus pour produire des équipements informatiques à l’échelle de 65 nanomètres, avec des processus de fabrication électronique basés sur les nanotechnologies. Tous les autres grands fabricants ont mis en place une stratégie globale sur les nanotechnologies, le dernier en date étant Texas Instruments.Le marché sera-t-il au rendez-vous ? Selon l’Etat américain, les nanotechnologies devraient représenter en 2015 un marché mondial de 1000 milliards de dollars. Du côté des investissements publics, la machine est déjà bien lancée. Du moins Outre-Atlantique. Avant de quitter la maison blanche, Bill Clinton avait créé la National Technology Initiative, une institution qui continue de financer 50 % du budget Recherche & Développement des nanotechnologies aux Etats-Unis : soit 2 milliards de dollars par an. L’Europe, qui se sait déjà à la traîne, compte tripler ses investissements communautaires par le biais d’un programme cadre. Celui-ci ne versera cependant qu’1,3 milliard d’euros en quatre ans pour les nanotech !…Dans l’Hexagone, l’Académie française des sciences et l’Académie française des technologies font pression sur le gouvernement pour qu’il mette en place un programme national de recherche sur les nanotechnologies. Un challenge qui en vaut la chandelle, d’autant que nous n’étions pas trop mal classés en 2002 en matière de publications scientifiques sur les nanotechnologies (5ème place mondiale) !Dans le domaine privé, l’annonce de la prochaine entrée en Bourse de la société californienne Nanosys génère une forte excitation. Bien que Nanosys ne soit pas rentable (perte de 9,2 millions de dollars en 2003), cette dernière a déjà signé des contrats avec des grands noms de l’industrie : Intel, DuPont, et le géant japonais Matsushita qui lui assure 53 % de ses ventes. L’idée ? Fabriquer des tuiles photovoltaïques (utilisant l’énergie des photons de la lumière) afin d’utiliser l’énergie solaire en ondulant son toit, sans passer par de coûteux panneaux solaires. La force de Nanosys ? Avec 120 brevets déposés, Nanosys crée des structures permettant de manipuler l’assemblage d’atomes au niveau industriel : nanofils, nanotiges, nanopoints… Aucun produit ne sera commercialisé avant 2006. Nanosys demande 115 millions de dollars à ses futurs actionnaires. In-Q-Tel, la société de capital risque de la CIA, est l’un des investisseurs de Nanosys qui a levé l’an passé 38 millions de dollars lors d’un deuxième tour. Cette future entrée en Bourse est perçue comme l’annonce imminente d’une nouvelle ère de paris boursiers, semblable à l’entrée en Bourse de Netscape qui ouvrait le bal des valorisations Internet. Est-ce le début d’une nouvelle bulle nano ? Pas si sûr. Les technologies sont complexes, et les potentiles bien réels… Quoi qu’il en soit, les IPO reprennent. L’Atelier a exploré les coulisses de Google aux Etats-Unis. Il vous livrera les fruits de son enquête vendredi, dans sa lettre spéciale.Jean de ChambureRédacteur en chef Liens utiles :www.nano.gov www.nanoinvestornews.com www.nanoelectronicsplanet.com www.nanosysinc.com

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