Les technologies de l'information abusent de la rupture

François Seligmann

François Seligmann

Directeur de projets

Orange France

En savoir plus sur l'auteur

09 janvier 2008 Laisser un commentaire

Les nouveaux usages préexistent dans la société. L'innovation ne fait souvent qu'accompagner des fonctionnements sociétaux, certes naissants, mais latents.

Par François Seligmann, directeur de projets chez Orange France
Dans le domaine de la communication, les nouvelles technologies ou services s’insèrent dans des usages qui sont déjà répandus et se succèdent les uns par rapport aux autres. Ce, tout en trouvant une place spécifique dans les univers de communication. Une nouvelle technologie se spécialise par rapport à la technologie antérieure, enrichit l’univers de communication par de nouveaux usages et stratifie ainsi notre univers de communication. A titre d’illustration, on peut facilement démontrer l’évolution de l’usage des messages écrits : de la lettre au fax puis du mail jusqu’au blackberry. Actuellement, plusieurs tendances prégnantes trouvent un fort écho dans l’univers des nouvelles technologies. Dans une société où le bien technologique est une excroissance de soi même, la personnalisation s’illustre grâce aux logos et sonneries des téléphones portables mais aussi aux flux RSS et aux UGC. Quant à la sphère privée, elle subit la règle de la transparence avec le développement de l’Internet.
Méfiance vis-à-vis des médias
Et elle devient de moins en moins privée. Qu’en pense Laure Manaudou ? Dans le même temps, la méfiance vis-à-vis des institutions et, en particulier, des médias grandit. Internet devient la source d’information la plus fiable pour les jeunes. La création des contenus créés par les utilisateurs (UGC) permet d’échapper aux médias en devenant soi même un média. Les messages formatés suscitant de la défiance, on se retourne vers l’individu pour retrouver de la diversité et de la crédibilité sur l’information. C'est aussi les individualités que nous choisissons pour nous accompagner en permanence dans cette société considérée comme angoissante. Le téléphone mobile permet d’emporter avec soi le cercle virtuel de ceux qui sont proches et apparaît ainsi comme l’objet de réassurance qui facilite, alimente et entretient la relation. Il participe aussi à la réassurance dans l’aspect sécuritaire.
L'individu confronté à l'hyper-choix
Il faudrait un autre "doudou" pour se confronter à l’hyper choix, typique de la consommation capitaliste actuelle. Le numérique, par sa logique globalisante, a accentué la tendance en rendant disponible sur de multiples supports le même programme. Il est par exemple possible aujourd’hui de voir un film au cinéma, sur un support privé (DVD…), à la télévision, sur son ordinateur, sur son baladeur vidéo, voire sur son mobile. Enfin, comment ne pas finir par la gratuité. Comme l’illustre à merveille le proverbe sibérien : « Les seuls fromages gratuits sont ceux qu’on trouve dans les souricières ». L’illusion de la gratuité est aussi une tendance forte du secteur pour capter une clientèle. Ces évolutions de la société sont profondes et sans doute durables. Le souhait d’être à la fois un acteur/spectateur de son quotidien doit, pour conclure, être pris en compte par l’ensemble des entreprises souhaitant se positionner, ou perdurer, dans le secteur des TIC.
L'Atelier groupe BNP Paribas

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas