Quand le vide laisse place à un trop plein technologique

François Seligmann

François Seligmann

Directeur de projets

Orange France

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15 mai 2008 Laisser un commentaire

S'est-on un jour interrogé sur nos motivations profondes concernant les nouvelles technologies ? Réseaux sociaux, surfing, télévision, mobile : ne seraient-ils pas seulement là pour combler un vide ?

Par François Seligmann, directeur de projet chez Orange France
Evidemment il est aisé de répondre que tout ce magma d’usages bien différents correspond à la mise en relation réelle, virtuelle ou à un rapport de divertissement. Evidemment encore, l’histoire nous apprend que tout est parti d’un usage professionnel, voire militaire pour finir dans nos salons, nos bureaux ou la chambre de nos enfants. Evidemment l’utilisation individuelle supplée souvent l’utilisation collective mais... Ce qui est frappant c’est la rapidité avec laquelle ces moyens se développent dans les pays développés. Songez qu’il a fallu vingt-cinq ans pour passer du disque 75 tours au 33 tours et moins de quinze ans pour passer du 33 tours au CD. En moins de dix ans, ce marché a connu une nouvelle rupture avec l’arrivée du peer to peer.
Des évolutions à vitesse grand V
Ce qui est tout aussi marquant, c’est la part prise dans le budget des ménages français de l’ensemble de ces dépenses puisqu’elle a plus que doublé en une génération. Alors évidemment la rupture majeure du pseudo gratuit va sans doute dans les années à venir stabiliser cette part. Mais le plus riche d’enseignement sociétal est ailleurs. Derrière cette illusion libertaire du tout gratuit qu’ont fortement animé et agité les pionniers du net, il y a le trop plein. Comme si après le trop plein de paroles des années post 68, il y avait maintenant le trop plein d’échanges et de mises en relation réelles ou de contenus.
Trop d'offres ?
Combien de contacts ai-je sur Facebook ? Combien de chaînes est-ce que je peux aujourd’hui regarder avec une parabole satellite ? Combien de titres mon I POD 8Go peut-il stocker ? Comme pour le moment les journées d’un humain ne font que 24 heures, il serait sans doute utile de se demander si ce trop plein rendu possible par le numérique ne cache pas la peur du vide, du silence, de la lenteur et de la réflexion. Comme l’indiquait Coluche : "On n’a pas le choix, on n’a que l’embarras".

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