Le Wimax va-t-il devenir la nouvelle fée du haut débit pour les collectivités locales ?

Jean de Chambure

Jean de Chambure

Directeur du Conseil Asia

L'Atelier Asia

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02 mars 2004 Laisser un commentaire

Alors que le Wifi (norme générique 802.11) commence à peine à entrer sur le marché des accès sans fil à Internet, plusieurs analystes considèrent déjà le Wimax (802.16) comme la technologie...

Alors que le Wifi (norme générique 802.11) commence à peine à entrer sur le marché des accès sans fil à Internet, plusieurs analystes considèrent déjà le Wimax (802.16) comme la technologie d’accès la plus prometteuse de ces deux prochaines années. Pourquoi un tel engouement ? Parce que cette norme de télécommunications par ondes hertziennes promet des débits théoriques encore supérieurs au Wifi - 70 mégabits contre 11 mégabits –, et parce qu’elle possède une capacité de diffusion largement supérieure à ce dernier – entre 20 et 50 kilomètres, contre une fourchette de 1 à 10 kilomètres. Le Wimax donne ainsi la possibilité de diffuser du haut débit sur une zone géographique relativement large et dépourvue d’accès ADSL. D’où l’emballement de plusieurs acteurs du marché vis-à-vis de cette technologie, potentiellement révolutionnaire pour les collectivités locales dépourvues de couverture ADSL, ou pour le tissu des PME-PMI ne possédant pas de connexion de DSL symétrique (SDSL). Nous en évoquons l’intérêt dans notre récente étude « le matin des agrinautes ».Qui soutient aujourd’hui la norme Wimax ? Le forum Wimax, une association internationale dont les objectifs sont semblables à ceux de la Wi-Fi alliance. Le Wimax forum regroupe plusieurs opérateurs télécoms, ainsi que de grands constructeurs informatiques à l’instar d’Intel et Fujitsu. Plusieurs opérateurs testent actuellement cette technologie au Mexique, en Chine, en Inde, en Grande-Bretagne, au Brésil, en Espagne... et dans l’Eure, en France, avec l’opérateur alternatif Altitude Telecom.Trois ans après l’échec de la plupart des opérateurs alternatifs dans le domaine de la Boucle Locale Radio (BLR), est-il raisonnable d’y croire ? Oui, parce que le Wimax utilise des fréquences hertziennes gratuites et bientôt toutes libres. Actuellement, l’Autorité de Régulation des Télécoms (ART) accorde l’utilisation des fréquences 5,4 et 5,7 Ghtz après dérogation. Oui, parce que les taux de couverture ADSL ne sont toujours pas satisfaisants malgré les progrès du dégroupage. Oui, parce que le matériel nécessaire à la diffusion d’informations sur la norme 802.16 est potentiellement aussi simple et peu cher que le Wifi… Selon Altitude Télécom, si en 2007 les normes Wimax sont suffisamment standardisées, les utilisateurs isolés pourront bénéficier de 2 mégabits/seconde pour un prix approchant les 20 € par mois, soit des prix plus compétitifs que les meilleures des offres ADSL actuellement sur le marché.Nous n’en sommes pas encore là, mais le Wimax pourrait comme le Wifi surgir beaucoup plus vite que prévu sur le marché et devenir la technologie alternative en matière de haut débit pour les milieux non couverts en ADSL. Complémentaire du Wifi – il peut servir de liaisons point à point pour le transport de trafics issue de point d’accès Wifi – le Wimax offre de plus trois avantages déterminants par rapport à ce dernier. D’abord, plus de sécurité : contrairement au Wifi, les équipements finaux doivent être préalablement déclarés pour pouvoir être connectés au réseau Wimax. Ensuite, plus de « qualité de service » : « avec le Wimax, il n’y pas de délais de latence, ce qui est indispensable pour faire de la voix sur IP » explique Luc Terral, directeur associé de « Territoires sans fil », une société spécialisée dans la mise en place de réseaux hauts débits au sein des collectivités locales. Enfin, une meilleure résistance aux obstacles grâce à une gestion des ondes diffractées. Bref, de quoi faire du Wimax la prochaine fée du haut débit pour les collectivités locales ?A condition qu’il soit massivement adopté par le marché.Jean de ChambureRédacteur en chef

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