L’économie à la demande ne concerne pas que les jeunes générations !

Nathalie Doré

Nathalie Doré

CEO North America

L'Atelier

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05 janvier 2016 3 commentaires
L'économie à la demande ou repenser la notion de propriét

L’explosion de l’économie à la demande, dont San Francisco est la figure de proue, nous invite à repenser la notion de propriété des biens.

L’économie à la demande ou encore « on-demand economy » est aujourd'hui dans toutes les bouches, même celle du Président Obama, qui lui a consacré un discours en octobre dernier lors du « Summit on Worker Voice ».

Et si on devait désigner une ville emblématique de cette activité économique en plein boom qu’est l’économie collaborative ? San Francisco figurerait sans nul doute en haut du classement. C’est d’ailleurs au coeur du berceau technologique qu’est la Silicon Valley que sont nés Netflix et Uber, acteurs-clés du mouvement.

L’économie à la demande sonne l’heure du « what I want, when I want, where I want » (ce que je veux, quand je veux, où je veux). Autrement dit, elle est l’expression de l’ère nouvelle dans laquelle nous avons pénétré où le consommateur et son expérience occupent une place centrale et où la technologie est à même de défier le temps, l’espace et les modèles économiques traditionnels.

Conséquence de l’ampleur de l'économie à la demande ou véritable virage opéré par les consommateurs, la notion de propriété se trouve mise à mal. « Pourquoi être propriétaire de quoi que ce soit aujourd’hui ? », a répété Tien Tzuo CEO de Zuora, lors d’une conférence tenue à Londres le 7 octobre dernier. En effet, pourquoi posséder sa propre voiture quand le coût de se rendre au travail avec Lyft (concurrent de Uber aux USA) entre en concurrence sérieuse avec l'ensemble des frais associés à l'entretien d’une voiture personnelle. La montée du leasing automobile - un quart des véhicules vendus aux États-Unis en 2014 - témoigne également de cette évolution de l’usage.

L'économie à la demande ou l'ascension du "what i want, when i want, where i want"

Si historiquement, Uber a entraîné le phénomène de la consommation à l’usage, Amazon n'a pas tardé à appliquer le schéma au secteur de la grande consommation. Le Dash Button, version actualisée d’Amazon Dash, permet aujourd’hui en effet de commander lessive ou tout autre produit générique depuis un bouton fixé sur l’appareil électroménager de son choix. Et c’est ainsi que non seulement les modes de consommation changent mais des industries entières sont en conséquence disruptées. Les entreprises traditionnelles qui offrent des biens et services sont amenées à basculer vers un modèle de paiement à l’usage, ou un modèle d’abonnement, y compris les acteurs du financement et de l’assurance dont les offres existantes n'ont d’autre choix que de s'adapter. Le succès d'une start-up telle que Zuora, qui propose de gérer des abonnements, n’a plus rien d'étonnant alors.

Est-ce que les « millennials » incarnent la génération de l'économie à la demande ? À n’en pas douter, cette dernière ne pouvait émerger qu’avec les « digital natives », génération de l’instantané. Mais les avantages offerts par ces modes de consommation nouveaux ont toute leur chance de séduire des groupes d’âge plus avancé, les seniors par exemple pour leur caractère ô combien pratique. Aussi, l’édification de la génération Y en figure de proue de l’abandon progressif de la propriété serait à relativiser : certains secteurs comme l’immobilier ne seraient pour l'heure pas encore tout à fait remis en cause. Ce serait donc en réalité plutôt la facilité d’usage qui continuera de drainer la grande adoption du modèle et ce, dans toutes les couches sociales et pour toutes classes d’âge.

Edité par Pauline Canteneur

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3 Commentaires

Très bon article qui explique bien l'économie à la demande.

Soumis par julian (non vérifié) - le 05 janvier 2016 à 15h51

Article très intéressant. L'écart d'utilisation d'Internet pour des achats en ligne reste encore important entre les seniors et l'ensemble de la population (30% env). Nul doute qu'il sera amené à se réduire et que cette distinction n'aura plus de raison d'être dans les 10 ans à venir.

Soumis par Olivier Tabusse (non vérifié) - le 06 janvier 2016 à 23h12

rien d’étonnant! les seniors ne sont pas non plus des oubliés de la société. a l age de la retraite, il faut investir, vivre et avoir de bonnes résolutions santé 2016 comme lu dans l'article de franceassurancesante. fr

Soumis par marine337 (non vérifié) - le 08 janvier 2016 à 18h04

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