Les dossiers de l'Atelier

Afrique : le secteur high-tech lorgne sur les consommateurs à faibles revenus

L'Atelier s'est rendu à CapeTown, pour le salon des télécommunications AfricaCom. Résultat : connecter ou apporter des services aux populations peu argentées où en zone rurale est devenu un véritable marché. Panorama.

Les personnes disposant de faibles revenus sont de plus en plus considérées comme une cible intéressante pour les entreprises technologiques. Selon elles, le faible revenu moyen généré par utilisateur est compensé par le nombre important de ces consommateurs potentiels. Preuve de cet intérêt : les très nombreux prestataires qui conçoivent aussi bien des services aux personnes qui disposent déjà d'appareils mobiles, que celles qui commercialisent l'accès à ce mode de communication. On peut ainsi citer l'exemple d'Equatel, qui développe des téléphones virtuels permettant de disposer d'un numéro utilisable sur des bornes GSM, et d'être appelé ou d'envoyer des SMS. L'un des autres enjeux est de passer par la technologie pour apporter ces mêmes services aux personnes résidant en zone rurale.
Etendre réseaux et base client à moindre coût
C'est le cas de Psitek, qui a lancé un appareil portatif relié aux réseaux GPRS et qui permet de distribuer des services prépayés comme l’achat de crédit téléphonique ou d’électricité. Il s'agit ainsi de donner accès aux populations à des utilités de base comme l'achat d'unités d'électricité, le transfert d'argent, le paiement de factures… Pour les opérateurs, cette monétisation des consommateurs passe par des opérations de fidélisation.
Ce, via des systèmes de points cadeaux, d'offres spéciales mais aussi et surtout des services financiers : la plupart proposent déjà ou est en train de développer sa solution de portefeuille mobile. Le tout étant de combiner extension de ses réseaux et de sa base clients à faible coût : utilisation de panneaux solaires pour alimenter les antennes relais, partage d'infrastructures…

L'adoption du portefeuille mobile commence par l'achat d'électricité

Par 20 novembre 2009
Mots-clés : Digital Working, Afrique

MoPay lance en Afrique du sud une solution de m-paiement qui permet d'acheter des unités d'électricité par SMS. Le système autorise aussi la distribution par le gouvernement d'unités gratuites pour les ménages nécessiteux.

Si Kazang propose l'achat d'unités d'électricités à partir de terminaux GPRS installés dans des boutiques de proximité, c'est le mobile que vise MoPay. La sud-africaine, rencontrée par L'Atelier à l'occasion du salon AfricaCom, vient de lancer un système de portefeuille mobile destiné aux populations non bancarisées ou résidant en zone rurale. Le premier service permet d'acheter des unités d'électricité à Eskom, le fournisseur national. Il suffit de se rendre chez un agent partenaire à qui l'on verse une somme d'argent qu'il mettra sur son compte MoPay. Puis d'envoyer par SMS un shortcode - 31636 - à MoPay, et qui fonctionne sur tous les opérateurs. L'utilisateur reçoit alors, toujours par message, le code qui va lui permettre de recharger son compteur.
Faciliter la distribution gratuite d'unités d'électricité
Fait intéressant : le système vise aussi à faciliter la distribution d'unités gratuites fournies par le gouvernement aux populations défavorisées. Des SMS contenant un code leur permettant de recharger leur compteur sera envoyé aux utilisateurs enregistrés. Jusqu'à présent, il était difficile de distribuer ces jetons dans les zones éloignées. Le service s'adresse aussi aux municipalités et aux services publics, pour leurs activités de recouvrement. Le système est le même : l'utilisateur enverra un message validant le paiement d'une taxe dont il doit s'acquitter par exemple. Selon Cobus Potgieter, directeur général de la compagnie, MoPay intègre également toute une partie "sociale" à sa stratégie.
Des services à caractère social
L'entreprise propose ainsi des services gratuits de messagerie SMS entre écoles et parents. Les utilisateurs MoPay peuvent aussi obtenir des minutes de connexion à Internet gratuites depuis des bornes dédiées. Côté sécurité, Cobus Potgieter précise que l'application embarque une couche additionnelle fournie par AOK Secure. "Les consommateurs ont besoin d'être rassurés sur la fiabilité de ces services de paiement par mobile", explique-t-il à L'Atelier. Le service est proposé en partenariat avec Sybase 365, qui gère toutes les interconnexions et fournit la plate-forme de paiement mobile et les transactions entre consommateurs, gouvernement et entreprises.
Mathilde Cristiani, envoyée spécial à CapeTown en Afrique du Sud

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