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Afrique : le secteur high-tech lorgne sur les consommateurs à faibles revenus

L'Atelier s'est rendu à CapeTown, pour le salon des télécommunications AfricaCom. Résultat : connecter ou apporter des services aux populations peu argentées où en zone rurale est devenu un véritable marché. Panorama.

Les personnes disposant de faibles revenus sont de plus en plus considérées comme une cible intéressante pour les entreprises technologiques. Selon elles, le faible revenu moyen généré par utilisateur est compensé par le nombre important de ces consommateurs potentiels. Preuve de cet intérêt : les très nombreux prestataires qui conçoivent aussi bien des services aux personnes qui disposent déjà d'appareils mobiles, que celles qui commercialisent l'accès à ce mode de communication. On peut ainsi citer l'exemple d'Equatel, qui développe des téléphones virtuels permettant de disposer d'un numéro utilisable sur des bornes GSM, et d'être appelé ou d'envoyer des SMS. L'un des autres enjeux est de passer par la technologie pour apporter ces mêmes services aux personnes résidant en zone rurale.

Etendre réseaux et base client à moindre coût

C'est le cas de Psitek, qui a lancé un appareil portatif relié aux réseaux GPRS et qui permet de distribuer des services prépayés comme l’achat de crédit téléphonique ou d’électricité. Il s'agit ainsi de donner accès aux populations à des utilités de base comme l'achat d'unités d'électricité, le transfert d'argent, le paiement de factures… Pour les opérateurs, cette monétisation des consommateurs passe par des opérations de fidélisation.
Ce, via des systèmes de points cadeaux, d'offres spéciales mais aussi et surtout des services financiers : la plupart proposent déjà ou est en train de développer sa solution de portefeuille mobile. Le tout étant de combiner extension de ses réseaux et de sa base clients à faible coût : utilisation de panneaux solaires pour alimenter les antennes relais, partage d'infrastructures…

Des téléphones virtuels personnalisent les services mobiles

Par L'Atelier - Paris 13 novembre 2009 Laisser un commentaire

Equatel propose aux Africains ruraux une carte SIM pour cabines téléphoniques GSM. Avec ce sésame, ils sont à même d'accéder à des services voix et données (SMS, m-paiement...)

En Zambie, moins d'1 % de la population a accès à une ligne téléphonique, rappelle Equatel. La société britannique, rencontrée au salon panafricain des télécommunications AfricaCom, présentait sa solution de SIM Payphone. Ce système de "téléphone virtuel" permet aux populations des zones rurales et à faibles revenus de disposer d'un numéro de téléphone personnel et des services. Le tout, sans posséder de  nomades usuels : les appels se passent depuis des cabines téléphoniques développées par Equatel reliées aux réseaux GSM et installées dans les villages. "Un téléphone, même basique, coûte une vingtaine de dollars. Ce qui est inaccessible pour une personne qui en gagne un par jour", explique à L'Atelier Ari Rothbard, responsable du développement pour Equatel. "Le manque de réseau électrique fiable est également un frein, car cela rend difficile le rechargement de son mobile".

Envoyer des SMS et profiter de solutions de m-paiement

Concrètement, il suffit d'acheter une carte SIM prépayée et rechargeable commercialisée par de nombreux opérateurs. Puis de l'introduire dans le téléphone d'Equatel. L'utilisateur accède ensuite à une interface personnalisée, depuis laquelle il peut passer et recevoir ses appels. Mais aussi envoyer des SMS, consulter ses messages, disposer de sa liste de contacts et réaliser des opérations de paiement. Toutes les opérations sont sauvegardées. "SIM Payphone est aussi intéressant pour les opérateurs, cela leur permet d'élargir leur base client et d'atteindre des populations jusqu'à présent inaccessibles en raison de leur impossibilité d'acheter un mobile", ajoute Ari Rothbard.

Accroître la base clients des opérateurs

Dernière avantage : si l'utilisateur dispose ensuite de son propre téléphone mobile, il peut garder son numéro. Quant à la question de la légitimité d'installer des appareils fixes connectés aux réseaux GSM et non pas à une ligne fixe, le responsable du développement est clair : "Dans les pays en voie de développement, les lignes fixes ne sont pas une option. Cela coûte bien plus cher que de déployer des réseaux mobiles". Les "payphone" sont alimentés par énergie solaire et disposent d'une batterie de réserve. Chaque unité coûte entre 600 et 950 dollars. Le système a déjà été déployé dans des pays comme l'Ouganda, le Ghana, le Congo ou le Liberia, via MTN, Zain ou encore Vodafone. D'autres acteurs s'intéressent au "téléphone virtuel", comme ComViva, qui vient de lancer sa solution.

Mathilde Cristiani, envoyée spécial à Cape Town en Afrique du Sud

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