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L’agriculture se réinvente grâce aux biotechnologies et la data

Face aux défis du secteur agricole, entre enjeux environnementaux, croissance démographique et transparence souhaitée par les consommateurs, l’agriculture se réinvente grâce à l’analyse de données et aux biotechnologies.

La data et les biotechnologies au service de l’agriculture de demain

La planète comptera 9,7 milliards d’habitants en 2050. Ces quelques 2 milliards de bouches supplémentaires à nourrir couplées à la concentration inexorable de la population vers les villes invitent à repenser l’ensemble de l’industrie agroalimentaire, à commencer par le premier maillon de la chaîne : la production agricole.

Et ce, d’autant plus que l’agriculture fait face à des enjeux environnementaux de taille. Selon la FAO, à l’échelle mondiale la production animale représente 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre. Aux États-Unis, celles-ci auraient augmenté de 11 % depuis 1990. De plus, le secteur agricole serait responsable à hauteur de 80 % de la consommation en eau du pays (eau de surface et eau souterraine). D’après l’ONG Global Footprint Network, si nous maintenons notre rythme de croissance actuel, il faudrait 2 planètes pour subvenir à nos besoins d’ici 2030. Ainsi, étant donné l’empreinte écologique conséquente du secteur et le contexte de restriction des réserves, « produire davantage avec moins » s’impose comme le défi premier de l’agriculture de demain.

La pression exercée sur la production agricole, qu’elle soit végétale ou animale, fait émerger des alternatives à la culture intensive. L’AgTech, soit l’ensemble des innovations dans le secteur agricole, notamment grâce à l’agriculture pilotée par la donnée, permet une optimisation des processus de production et offre le potentiel de donner plus de pouvoir aux exploitants agricoles. Les drones s’avèrent d’ailleurs un outil précieux pour la collecte de données.

Ensuite, l’agriculture urbaine, verticale, en intérieur ou en extérieur, ouvre également la voie pour soulager le besoin d’approvisionnement de la smart city. Intégrée aux zones urbaines, elle permet en effet une consommation locale de produits.

Enfin, une nouvelle forme d’agriculture, l’agriculture cellulaire, est en train de naître en Californie. En s’appuyant sur les progrès réalisés en matière d’ingénierie tissulaire et de biologie de synthèse, elle rend aujourd’hui possible la production de viande, d’œufs, des produits laitiers mais aussi du cuir, et potentiellement bien d’autres produits dérivés d’animaux, en ayant recours à la culture cellulaire, s’affranchissant alors de l’élevage animal traditionnel.

Avec ce dossier, L’Atelier montre comment l’agriculture se réinvente grâce à la donnée et aux biotechnologies, le tout pour mieux répondre à ses défis.

Agriculture de précision et data : la prochaine révolution ?

Par 04 juillet 2016
Agriculteur connecté

La planète comptera plus de 9 milliards d'habitants en 2050. Ces quelques 2 milliards de bouches supplémentaires à nourrir poseront un véritable défi à l'agriculture.

Pour que tout le monde mange à sa faim, la production agricole devra augmenter de 70 % par rapport à son niveau actuel. En d'autres termes, nous devrons apprendre à produire plus avec moins. Comment résoudre cette équation impossible ?

Le progrès technologique dans l'agriculture est une des solutions possibles. Déjà par le passé l'agriculture a vécu deux grandes révolutions : la première, pendant la Révolution Industrielle avec la mécanisation de la production ; la deuxième, au cours de la Révolution verte avec l'adoption massive de produits phytosanitaires. Ces deux avancées ne suffisent aujourd'hui plus. Heureusement, la troisième révolution est en marche avec la data. 

L'exploitation de la donnée dans l'agriculture va permettre de passer d'une production de masse, avec les pertes associées, à une production sur-mesure et optimisée. En comprenant mieux la plante et l’animal et en les « écoutant » grâce à des capteurs, c'est toute la chaîne de production agricole qui se modifie. En début de chaîne, ce sont moins d'intrants qui sont utilisés, qu'il s'agisse de fertilisants, de pesticides, ou même d'eau. En milieu de chaîne, ce sont les facteurs impactant la croissance de la plante et de l’animal qui sont mieux maitrisés, comme le climat ou les maladies, mais aussi les ressources humaines nécessaires à la production. En fin de chaîne, l'analyse combinée de toutes les données permet de prédire la productivité et les volumes avec une marge d'erreur constamment réduite. 

La data dans l'agriculture répond donc au défi de notre temps : produire plus et avec moins. Gageons que le marché saura s'emparer de cette belle promesse.

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Par Nathalie Doré et Pauline Canteneur

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