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En Allemagne, un écosystème de l'innovation qui se consolide

Le pays, et notamment sa capitale, est de plus en plus perçu comme une Valley européenne. Mais s'il est en effet facile de s'y lancer, cela ne signifie pas forcément qu'il l'est tout autant de se déployer sur le long terme. Un constat amené à évoluer.

Berlin

L'Allemagne, nouvelle Silicon Valley européenne ? L'idée est de plus en plus partagée. Et c'est vrai que le pays, berceau du serial incubateur Rocket Internet, a vu ces dernières années des entreprises désormais multimillionnaires sortir de son giron. L'entité, fondée par les frères Samwer, a lancé ou hébergé des sociétés comme Zalando, CityDeal, HelloFresh, ou encore Wimdu, la "réplique" d'AirBNB. Et été l'un des moteurs du projecteur de plus en plus braqué sur l'Allemagne, même si son process suscite aussi les critiques, notamment de la part des entrepreneurs indépendants. Ces derniers ont plutôt été attirés par les lumières de Berlin, sa capacité à brasser les cultures, à proposer une vie agréable à prix modéré. Résultat : de nombreux entrepreneurs, allemands, suédois, et plus largement du monde entier, s'intéressent au pays et s'y rendent pour développer leur entreprise.

Un écosystème en devenir

Les startup qui se sont lancées et qui fonctionnent sont du coup assez nombreuses, assez souvent à l'échelle nationale (sauf SoundCloud évidemment). Et quelques projets plutôt innovants pointent leur nez, comme Views, une application dans l'esprit de Fancy, qui permet de partager les vêtements de son choix, et de devenir à la fois une référence de mode mais aussi un vecteur idéal pour les marques pour vendre. Ou comme Moped, sorte de Twitter privé, sur lequel échanger des phrases qui seront illustrées automatiquement par le système, si cela est pertinent. Si l'internaute indique un lieu, Moped affichera l'itinéraire sur Google Maps. Un artiste ? Le système épinglera le MP3 de son dernier titre. Reste que, si certains projets se démarquent, soit parce qu'ils sont portés par de grands groupes, soit parce qu'ils ont ce petit plus de nouveauté, la majorité reste pertinente pour le pays ou pour le marché, mais a encore du mal à prendre de l'ampleur. Une raison : l'écosystème est en cours de constitution, expliquait à L'Atelier il y a quelques mois Gabriel Matuschka, qui travaille pour Partech, et qui connaît très bien l'écosystème berlinois.

Des grands groupes innovants

Pour le moment, il reste encore dominé par des sociétés qui ont du mal à s'internationaliser. Et par un terreau d'investisseurs encore pas assez dense, ce qui génère des difficultés une fois l'étape des business angels passée. "Il faudra encore une dizaine d'années avant de voir quelque chose de fort non pas émerger mais se structurer", concluait l'investisseur. Fait conforté par le dernier classement de Startup Genome, qui place Berlin en quinzième place des pôles d'innovations. Quoi qu'il en soit, les projets innovants ne font pas défaut, et notamment du côté d'entreprises qui sortent de l'écosystème startup, comme le laboratoire pharmaceutique Boehringer Ingelheim, qui a lancé un jeu social sur Facebook pour sensibiliser sur la recherche médicale, ou encore la banque Fidor Bank, dont toute la structure est basée sur l'immatériel et la communauté.

Pour Fidor Bank, la banque doit être entièrement communautaire

Par Claire Cavret 11 octobre 2012 Laisser un commentaire
social bank

La société financière munichoise propose un modèle de banque en ligne sur lequel les clients peuvent échanger des bons plans - quelque soit l'institut financier - et se prêter de l'argent entre eux.

A l'ère 2.0, la banque doit-elle prendre une dimension entièrement sociale ? Pour Fidor Bank, en tout cas, la réponse est oui. La société munichoise veut en effet faire de la finance une véritable expérience communautaire. L'idée de Fidor Bank, qui n'existe qu'en ligne, "est d'avoir une approche plus focalisée sur le client quel que soit le canal utilisé. La communauté constitue en cela le cœur de la stratégie", confie à L'Atelier Matthias Kröner, son PDG. Concrétisée par un espace aux allures de réseau social, Fidor Bank permet à tous, clients ou non, de partager des "bons plans" y compris dans des banques concurrentes, de poser des questions et répondre à d'autres, de suggérer de nouveaux produits ou services et en recommander d'autres... Les contributeurs sont récompensés par ce qui se traduit par des primes en euros et participent à la valorisation du profil du client, qui établit ainsi sa crédibilité et sa notoriété. Quelles sont les raisons d'être de cette communauté ? "C'est d'abord d'éduquer les gens à gérer leur argent pour les rendre indépendants et mieux comprendre les produits" nous dit Matthias Kröner.

Un espace de discussion et d'échanges... bancaires

"Cette initiative est intéressante de par les mécanismes de réseaux sociaux qu'elle utilise, permettant aux utilisateurs de dialoguer entre eux, mais également par la capacité à fournir une éducation financière aux utilisateurs", commente Philippe Torres, Directeur du Conseil et de la stratégie numérique de L'Atelier. "Mais le terme communautaire comporte une part de marketing", ajoute t-il. Proposer ainsi autant d'interactions permettant de collecter des informations sur les utilisateurs pour les transformer en clients.Autre chose : Fidor bank n'a pas de force de vente et fonctionne sur le modèle du commerce social. Comme un bouche à oreille 2.0... Les internautes peuvent voir si un produit est recommandé ou non grâce aux évaluations laissées par les contributeurs. Mais aussi comme un showroom 2.0. Car la plateforme offre la possibilité aux consommateurs d'avoir une meilleure vision des banques avec les produits proposés. La communauté ne se résume cependant pas à un espace de discussion. Par exemple, les participants ont la liberté de négocier des prêts et emprunts entre eux en Paire à Pair, en mode crowdfunding sans autre intervention de la banque que les transferts de fonds entre leurs comptes.

Les origines de Fidor Bank

"Fidor Bank n'est pas loin en cela d'autres initiatives en terme de mécanismes basés sur les réseaux sociaux comme l'utilisent déjà depuis longtemps le crédit social avec Kiva ou avec Babyloan ou encore le crédit classique avec Friendsclear, mais pas en terme d'objectif", souligne cependant Philippe Torres. La communauté se veut aussi source d'innovation puisque ce sont les utilisateurs qui proposent les nouveaux produits et services et ce sont eux qui donnent leur avis sur les suggestions, faisant ainsi émerger les demandes les plus populaires, qui mériteront d'être implémentées. Lancée en 2009, l'idée est partie du fait que "les habitudes de consommation des clients ont radicalement changé notamment en ligne sur les réseaux sociaux et les sites de e-commerce. Et il est évident que le secteur bancaire va être impacté" dit Matthias Kröner.

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