Les dossiers de l'Atelier

Quand l'automobile doit se réinventer

L'industrie automobile est plus que jamais au coeur de l'actualité. Le discours du président Hollande fin Juillet chez Valeo en est encore une fois la preuve.

Voiture verte

Selon lui, en France, ce secteur d’activité doit se réinventer et miser sur l'innovation et l'excellence si elle veut se donner une chance de survivre dans les années à venir. Déjà, en Juin 2011, la Direction générale de la compétitivité, de l’industrie et des services, et le ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie expliquaient dans un rapport que le système automobile tel qu’il s’est bâti au fil du 20è siècle n’était plus soutenable. « La raréfaction des ressources pétrolières, la réduction nécessaire des émissions de gaz à effet de serre, la congestion de nos métropoles, tout incite à le repenser, d’autant que le parc automobile mondial ne cesse de s’étendre, alimenté par la forte croissance des pays émergents» expliquait le rapport. Repenser le modèle est un parcours qui néanmoins n’est pas sans embûches, tant il modifie les modèles industriels et nécessite de nombreuses innovations.

La voiture de demain sera électrique

Au delà des efforts collectifs comme le co-voiturage ou l’auto-partage, au delà des initiatives pour réduire l’encombrement des voitures, l’abandon du moteur thermique au profit du moteur électrique est une piste qui a été privilégiée. Les obstacles ne manquent pas : prix prohibitif, l’autonomie des batteries... Cependant, les travaux de recherche sont nombreux et les modèles fleurissent sur le marché. L’enjeu reste encore d’instaurer les normes et les réglementations qui encadreront le développement des infrastructures nécessaires aux véhicules électriques de demain. L’autre challenge étant de résoudre les problèmes d’autonomie. Si la voiture autonome est un projet sérieux, elle n'est pas prête de voir le jour dans les semaines qui viennent. Non pas que la technologie soit incapable de résoudre la question, mais certains critères ne sont pas entièrement réglés. Comme la question de la localisation, ou plutôt de son coût...

La voiture de demain sera connectée

Le patron de Ford, au Congrès mondial du mobile à Barcelone, en février 2012, avait lancé : « Si nous ne faisons rien, nous avons la perspective d'un énorme embouteillage mondial, un bouchon qui ne s'arrête jamais et qui fait perdre du temps, de l'énergie, des ressources, voire compromet le bon déroulement du commerce et de la santé». Solution ? La voiture connectée. Celle capable d’appeler elle-même les secours en cas d’accident, de localiser les voitures et les embouteillages, en somme, de recevoir et transmettre des informations, aussi dans le but de faciliter la vie des conducteurs. L’industrie des télécoms est d’ailleurs essentielle dans ces développements. Car cette voiture ne serait finalement qu’un terminal de plus, parmi iphones et tablettes qui prolifèrent déjà dans notre quotidien. Désormais, il semble que l’industrie automobile s’y mette, et que le concept commence enfin à décoller. Seul frein, souvent récurrent dans ce type d’innovations : la sécurité. Connecter une voiture ne doit pas compromettre la conduite du conducteur, et les données échangées doivent pouvoir rester maîtrisées. Selon une étude publiée il y a quelques mois par l'institut Machina Research, d'ici 2020, 90% des nouvelles voitures seront connectées et ce marché génèrera 600 milliards de dollars. Au cours de ces derniers mois, l'Atelier a suivi l'évolution de ce marché crucial dans l'activité industrielle française. Et nous avons pu constater que les innovations, en effet, ne manquent pas. Même si elles ne sont pas toutes issues des laboratoires nationaux, ces recherches montrent que dans les faits, cette industrie a en effet de quoi surprendre encore les automobilistes que nous sommes....

Pour construire la voiture de demain, il faut améliorer la technologie d'aujourd'hui

Par 27 juillet 2012
voiture

La technologie d'avenir n'est pas nécessairement le fruit d'une création nouvelle. En revanche, elle peut s'appuyer sur des technologies améliorées afin de servir un objectif plus ambitieux à long terme, à l'instar de l'amélioration de la précision sur GPS au service de la voiture autonome.

Si la voiture autonome est un projet sérieux, elle n'est pas prête de voir le jour dans les semaines qui viennent. Non pas que la technologie soit incapable de résoudre la question, mais certains critères ne sont pas entièrement réglés. Comme la question de la localisation, ou plutôt de son coût. C'est la question à laquelle s'emploient à répondre des chercheurs du MIT et de la Nanyang Technological University dans le cadre du programme Future Urban Mobility. Afin d'autonomiser un véhicule à un coût raisonnable, ceux-ci cherchent en effet à "développer une technologie qui permette d'améliorer la collecte de l'information permettant cette autonomisation sans une multitude de capteurs onéreux, quelques capteurs qui communiquent entre eux", explique à L'Atelier Hock Beng Lim Directeur, Recherche et Développement de l'Intelligent Systems Centre de la Nanyang Technological University. Pourquoi ? Simplement pour permettre de maximiser la précision de localisation d'un GPS installé dans une voiture. Car l'idée de ce dispositif est de mettre en relation des voitures via un GPS traditionnel.

 

Des voitures connectées

Plus précisément, le GPS doit permettre au dispositif encore à l'état de projet de définir la position d'un véhicule, "avec une précision de trois à quatre mètres, contre parfois plus de 10 mètres aujourd'hui et sans nécessiter de trop d'informations sur l'environnement ou de trop améliorer les infrastructures", explique Hock Beng Lim. En effet, un ensemble de voitures autonomes ne pourraient pas évoluer "si sa trajectoire était évaluée avec une erreur possible supérieur à la distance moyenne entre des véhicules", ajoute t-il. Aussi, grâce à un algorithme ad hoc, les chercheurs sont parvenus à améliorer la localisation. Concrètement, deux véhicules sont équipés chacun de leur propre GPS communicant entre eux grâce à réseau dédié, par exemple via wi-fi. Mathématiquement, cela permet notamment de préciser la position par confrontation des données.
 

Des capteurs supplémentaires

Qui plus est, chaque GPS est lui même connecté au même satellite, ce qui permet d'estimer plus efficacement la distance séparant les véhicule. Enfin, quelques capteurs supplémentaires sont ajoutés au dispositif. Ces capteurs ont "pour fonction de recueillir des informations sur l'environnement afin d'améliorer encore la précision de la localisation fournie par le GPS", développe Hock Beng Lim. Ces capteurs peuvent, par exemple, être des caméras. Celles-ci, fournissant des images pouvant être analysées, permettraient également de calculer la différence de distance entre deux véhicules. Mais pas seulement puisque qu'elles offriraient la possibilité de mieux connaître l'environnement, et par exemple de détecter des obstacles. Néanmoins, conclut-il, "un environnement comprenant trop de bruits, par exemple une ville avec beaucoup d'immeubles, affecterait tout même la précision du dispositif".   

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