Les dossiers de l'Atelier

Au cœur de la Silicon Valley, l’offshoring a ses détracteurs… et ses défenseurs

Il y a peu, un groupe de recherche de Santa Monica, le Milken Institute, reléguait la Californie au second rang...

Il y a peu, un groupe de recherche de Santa Monica, le Milken Institute, reléguait la Californie au second rang des centres high tech des Etats-Unis, derrière le Massachusetts. Un recul tout relatif, mais qui n’empêche pas la région d’être l’une des plus inquiétées par l’offshoring : les chiffres sont éloquents, et la menace est réelle.
Tandis que les organisations professionnelles clament haut et fort que l’offshoring menace la compétitivité nationale, les grands patrons du secteur s’accordent à dire au contraire que les entreprises américaines ne seront concurrentielles que si elles acceptent l’offshoring. Quant aux consommateurs, qui ne prennent pas nécessairement parti dans ce débat d’ampleur nationale, ils adoptent avec plaisir un certain nombre de nouveaux services permis par la délocalisation.

Par Michel Ktitareff

Business case : un service bancaire issu de l’offshoring, choisi par 90 % des consommateurs

Par 23 avril 2004

Depuis quelques semaines, une société spécialisée dans les dossiers de crédit en ligne a lancé une initiative originale : ses clients ont le choix entre voir leur dossier traité aux Etats-Unis ou... en Inde.

Depuis quelques semaines, une société spécialisée dans les dossiers de crédit en ligne a lancé une initiative originale : ses clients ont le choix entre voir leur dossier traité aux Etats-Unis ou …en Inde. E-Loan, installé à Pleasanton, tout près de la Silicon Valley, a en effet choisi de mettre les utilisateurs de ses services face à leurs responsabilités.

« Je crois que lorsque l’on délocalise, il faut le dire », explique Christian Larsen, le PDG de E-Loan : l’une des premières entreprises américaines à se positionner ainsi sur un problème qui est devenu un véritable débat de société aux Etats-Unis.

Aux internautes qui choisissent l’option « indienne », E-Loan promet que leur dossier sera traité en 48 heures alors que les autres doivent attendre une dizaine de jours pour obtenir une réponse à leur demande de prêt. Pour rassurer totalement les premiers, la firme de services financiers assure que les dossiers transmis en Inde ne contiennent aucune information sur l’identité des demandeurs. Il s’agit seulement de vérifier que les dossiers sont correctement remplis et qu’ils ne comportent pas d’incohérence ou d’erreurs.

En place depuis le début du mois de mars, les responsables de E-Loan assurent que près de neuf clients sur dix choisissent l’option la plus rapide, et la firme promet que si la tendance se confirme elle répercutera bientôt la diminution du coût d’exploitation générée sur le prix de ses services en ligne.

Selon une récente enquête de la firme de conseil stratégique Diamond Cluster International, basée à Chicago, 86 % des sociétés qui pratiquent déjà la délocalisation ont l’intention d’accélérer le mouvement dans les 12 mois qui viennent.

Par Michel Ktitareff

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