Les dossiers de l'Atelier

Quand la parole des collaborateurs influence la marque employeur

Les salariés parlent de plus en plus et spontanément de leur entreprise sur les réseaux sociaux. A cette dernière de développer la stratégie adéquate pour capitaliser sur cette expression sans l'enfermer ni la réprimer.

hommes et planète

18 % des cadres français interrogés dans un sondage de L'Atelier exécuté par l'Ifop dans le cadre du Théma sur La marque employeur a un visage, annoncent parler de leur entreprise et de leur métier sur leurs profils de réseaux sociaux (Facebook, Twitter, LinkedIn...) Un chiffre qui fait montre d'une tendance en train d'émerger, et que ne doivent pas négliger les compagnies. C'est en effet par la parole de ces salariés que des internautes - utilisateurs, consommateurs, candidats potentiels - apprendront à connaître une entreprise et ses valeurs. Pour les entreprises, il s'agit dès lors de trouver les moyens d'accompagner cette parole et de réinternaliser des trajectoires individuelles afin de faire de ses collaborateurs ses meilleurs ambassadeurs. Cela, en réalisant un travail de pédagogie sur ce qui peut se dire de son entreprise sur la Toile.

Charte, site dédié, informations à disposition...

La méthode la plus classique est la mise en place d'une charte d'usage. Mais il peut aussi s'agir de formations aux réseaux sociaux. Un autre moyen, plus proactif, est de créer des pages entreprise ou des groupes de discussions sur lesquels les salariés, identifiés de manière individuelle, marquent aussi leur rattachement à une entreprise. Ou de lancer des sites d'information et de dialogue avec des employés du groupe, volontaires. Enfin, il est possible de proposer un canevas d'informations à partager aux individus qui évoquent leur entreprise sur leurs comptes personnels. Car tout l'enjeu est de garder cette parole libre et spontanée, et en dehors de toute stratégie de communication institutionnelle.

La notion de bien-être en entreprise

Reste que toutes ces actions pour stimuler la parole, dans le cadre d'un site dédié - et donc dans le cadre d'une stratégie directe d'entreprise - ou sur les réseaux en général - de LinkedIn à Twitter en passant par Pinterest - resteront lettre morte si les salariés qui ne sont pas dans une stratégie de gestion de leur marque personnelle pour leur carrière ne se sentent pas attachés à leur entreprise. Simplement fournir des données sur des actions menées par sa compagnie ne crée pas le partage. Celui-ci s'opérera si le collaborateur se sent impliqué dans ces actions, et fier de partager ces valeurs. D'où la nécessité de travailler avant tout sur la culture de son entreprise avant de réfléchir aux outils.

 

Sommaire

Les collaborateurs moins réfractaires à évoquer leur entreprise sur les réseaux

Par 15 mars 2012
Mots-clés : Smart city, Europe
Main d'homme et ordinateur

Les salariés ne sont pas encore nombreux à parler de leur marque, mais un nombre non négligeable serait partant pour le faire en cas de crise. Une tendance à valoriser par les sociétés, pour faire de leurs collaborateurs des ambassadeurs de leurs valeurs.

Parler de son entreprise ou de son métier sur les réseaux sociaux ? Cela concerne environ 18 % des cadres français interrogés par l'Ifop, dans un sondage réalisé pour L'Atelier dans le cadre du Théma sur : La marque employeur prend le visage des salariés. Et 9 % envisagent de le faire. Des chiffres encore faibles mais qui montrent une évolution de cette prise de parole. Dans un précédent sondage réalisé par l'Ifop et L'Atelier, 80% des cadres considéraient que la communication de l'entreprise via les réseaux sociaux devait être confiée à la communication. Or, aujourd'hui, ils sont 40% à affirmer que les salariés peuvent parler librement de leur travail et de leur entreprise au quotidien, même sur Internet et les réseaux sociaux. En revanche, 40% déclarent que, même en temps de crise, les salariés n'ont pas à le faire. Pour Philippe Torres, Directeur du consulting et de la stratégie digitale de L'Atelier, si ces chiffres "ne semblent pas montrer un grand enthousiasme de la part des cadres français, l'évolution est en cours et l'arrivée relativement récente des réseaux sociaux en France n'y est pas étrangère".

Un discours réactif et positif

Du coup, les entreprises ont tout intérêt à prendre cette parole en considération, notamment parce qu'elle aura un impact, direct ou indirect, sur l'image de l'entreprise et sur sa marque employeur. Cela, en influençant l'impression que pourraient avoir de futurs talents sur une entreprise. A noter qu'une part non négligeable de 26% des cadres considère d'ailleurs que l'entreprise devrait encourager la diffusion d'informations sur son quotidien sur les réseaux sociaux. Autre signe de cette dynamique : la réaction aux attaques. En effet, si l'entreprise ou un de ses services étaient attaqués sur les médias sociaux, 43% des cadres seraient prêts à s'exprimer en leur nom sur ce sujet. Et ce, sur un site dédié à la marque (84%) comme sur les réseaux sociaux personnels (80%). Pour Philippe Torrès, "même s'ils ne le font pas naturellement, les cadres feraient l'effort de prendre la parole sur les réseaux sociaux afin de défendre leur entreprise, et ils le feraient en leur nom". Une donnée corroborée par le fait que ce qui encouragerait principalement les cadres à s'exprimer de manière positive sur les réseaux sociaux serait leur fierté d'appartenir à l'entreprise (32%).

Les chartes de bon usage

Les entreprises n'auraient d'ailleurs, peut-être, pas assez appréhendé l'encadrement de la prise de parole de ses collaborateurs. Car malgré une évolution en cours, on dénombre encore 42% de cadres qui affirment que leur entreprise n'a pas mis en place de charte de bon usage quand 34% n'en ont pas entendu parler. Pourtant, leur utilité est reconnue au sein même de l'entreprise. En effet, 88% des cadres la juge utile et 61% ne la jugent pas contraignante. "Les chartes ne sont pas considérées comme des interdictions mais elles sont là pour accompagner les collaborateurs et leur fournir des clefs de compréhension", commente Philippe Torrès. Et d'ajouter qu'elles peuvent également rappeler des règles de bon sens pour expliquer "comment bien les utiliser, y compris pour éviter des erreurs qui ne seraient pas volontaires".

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