Les dossiers de l'Atelier

Les collaborateurs inquiets des modifications apportées par la consumérisation ?

Le fait de travailler indistinctement au bureau ou en mobilité avec des appareils mobiles et plus particulièrement personnels commence à devenir une norme. Mais si elle a été réclamée par les salariés, elle est aussi pour eux source d'interrogations quant à l'évolution de leurs métiers.

Homme en train de réfléchir

L'Atelier s'est fait l'écho, à plusieurs reprises, de la tendance des salariés à utiliser leurs propres appareils dans le cadre de leur travail et surtout de l'adaptation des entreprises face à ce phénomène. Une nécessité, vu l'ampleur de cette tendance aujourd'hui largement diffusée. Mais qui implique de repenser en profondeur l'organisation du travail, pour le meilleur comme pour le pire. Car le phénomène Bring Your Own Device pose de nouvelles conditions. Certes, cela permet aux collaborateurs de travailler en situation de mobilité, d'augmenter leur productivité, de faciliter de nouvelles façons de travailler comme le travail à distance ou encore d'améliorer la collaboration. Mais le fait que les salariés travaillent à partir de leurs appareils nécessite une préparation en amont. On pense, par exemple, aux répercussions que cela implique, comme le développement d'une frontière de plus en plus floue entre les différentes vies d'une personne. Si un salarié consulte ses e-mails professionnels une fois chez lui mais consulte son profil privé sur un réseau social au travail, la question de l'existence d'une séparation entre vie privée et vie professionnelle se pose.

Une préparation insuffisante ?

L'autre grande questions est la capacité des services informatiques à gérer la situation. Autrement dit : sont-ils prêts à faire face cette tendance ? En effet, d'un point de vue technique, il faut nécessairement s'adapter tant au matériel qu'aux nouvelles conditions de travail. Car pour collaborer, il faut bien que les salariés aient accès à un outil dédié. Ce phénomène n'est d'ailleurs pas non plus sans poser des questions de sécurité, notamment sur la façon dont il faut gérer la sortie de données sensibles sur un appareil qui n'appartient pas à l'entreprise. D'ailleurs, le fait qu'un individu veuille travailler sur son smartphone ou sa tablette ne signifie pas, pour autant, qu'il sache le faire. Dès lors, une organisation doit prendre en compte une certaine forme d'incertitude ou de méconnaissance du sujet, y compris de la part de ceux qui y sont au cœur. Quel périmètre de formation ? Quel coût ? Comment s'assurer du bon fonctionnement des solutions ? Autant d'interrogations pour lesquelles il n'existe pas de recette. Il n'en demeure pas moins que ces questions doivent trouver leurs réponses à un phénomène déjà en place. La question n'est donc pas de savoir si l'on s'y adapte. Mais bien de savoir comment le faire.

Les entreprises favorables à la consumérisation, mais pas forcément prêtes

Par 21 mai 2012
BYOD

De nombreuses sociétés mettent en place des programmes permettant aux salariés d'utiliser leur propre appareil pour le travail. Une nécessité qui apporterait de vrais bénéfices, mais également des questions liées à la sécurité.

Les politiques d'adoption du Bring Your Own Device (BYOD) se développent rapidement au sein des entreprises. En effet, une étude menée par Forrester pour TrendMicro montre que 75% se sont engagés dans la consumérisation en développant des politiques d'adoption de cette tendance. De la même façon, 60% des entreprises ont mis en place un programme dédié pour les mobiles ou ont prévu de le faire dans l'année à venir. Un constat qui ne semble pas étonner Taher ElGamal, chief security adviser d'Axway. "Cette tendance va continuer de se développer, impulsée notamment par les individus qui sont tous des consommateurs qui passent de plus en plus de temps sur leur smartphone", explique t-il à L'Atelier. Malgré tout, cela ne signifie pas que toutes les entreprises soient en mesure d'être efficaces face à ce phénomène. En effet, moins de la moitié de celles ayant prévu ou adopté un programme BYOD l'ont inscrit de manière formelle (46%). Et pour cause, le développement de tels programmes semble difficile à mettre en place, selon Laurent Geray, responsable innovation chez Volvo IT France, entité qui a mis au point un système d'intégration des appareils personnels. "Une entreprise peut penser, a priori, qu'un programme BYOD est un vaste projet très coûteux même s'il représente une baisse des coûts de support", note t-il.

Des travailleurs productifs

Pourtant, le fait qu'un salarié utilise son propre matériel aurait pour conséquence d'augmenter sa productivité. C'est du moins une raison qui aurait motivé 70% des entreprises ayant mis en place un tel programme. Une bonne raison, à en croire le responsable innovation chez Volvo IT France, qui considère que "le fait d'utiliser son propre matériel fait que le collaborateur est plus enclin à l'exploiter plus et mieux, comme la possibilité de pouvoir travailler en dehors du bureau". Des bénéfices qui semblent se confirmer lorsque l'on sait que les motivations des entreprises ayant mis en place de tels programmes sont également l’accès aux données d'entreprise à distance (63 %) ainsi que par l'utilisation des appareils mobiles personnels pour le travail (52%). Ce qui devrait décider les entreprises à fournir "les outils nécessaires à leurs employés, notamment des outils simples, pour répondre à la demande des collaborateurs mais également parce que, sans cela, les salariés trouveront une solution d'accès à ces données eux même", précise Talher ElGamal. Ce qui pourrait poser des problèmes de sécurité.

Un manque de considération pour la sécurité ?

Car malgré tout, peu d'entreprises ont évalué les conséquences en matière de sécurité liées à l'adoption des programmes BYOD (34%) ou ont mis en place une politique mobile pour protéger les données et les applications de l'entreprise (37%). Ce qui devrait pourtant être important pour Talher ElGamal pour qui le fait qu'un employé apporte son propre appareil nécessite "une attention particulière et le recours à des solutions complètes de sécurité qui sont déjà disponibles, comme à la sensibilisation et la formation des collaborateurs sur l'existence de données sensibles ou confidentielles". Mais pour Laurent Geray, la problématique serait plus large "puisqu'il ne s'agit pas d'abord d'un problème d'appareil, une clef USB représentant le même risque de diffusion de documents, ce qui nécessite surtout une vraie politique générale de sécurité des données, notamment de classification des données accessibles ou non". A noter, enfin, que 31% des sociétés ayant adopté un programme BYOD ont changé les modalités de remboursement des forfaits téléphoniques et 32% des forfaits de téléchargement de données.

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