Les dossiers de l'Atelier

Le commerce délaisse de plus en plus le multicanal pour le crosscanal

Pour se renouveler, les détaillants intègrent de plus en plus des stratégies qui englobent tous les canaux pour se focaliser sur la relation client. Une transformation en cours d'autant plus complexe que chaque secteur rencontre des priorités différentes.

magasin omniprésent

 

Le web, pourfendeur des magasins traditionnels ? Inévitablement, la simplicité et la rapidité d'achat que le e-commerce propose, ont ébranlé fortement les fondamentaux de la vente traditionnelle. Surtout pour certains produits, comme dans la culture. Pour autant, faut-il penser Internet comme un canal distinct et uniquement concurrentiel ? La réponse n'est pas définitive, mais elle se dirige de plus en plus vers le non. En effet, des études comme celle de Bonial, ou celle de L'Atelier (à l'occasion du Théma sur L'avenir du magasin : la fin du magasin ?), marquent un profond attachement des consommateurs (français tout du moins) au commerce physique. Un attachement qui n'est pas antithétique avec une envie d'évolution, et d'insertion de nouveaux services. Ces nouvelles attentes sont en partie dues au fait que le consommateur, avec Internet, s'est habitué à un certain nombre d'usages, qu'il souhaite retrouver dans les boutiques réelles.

Revitaliser les boutiques physiques

Plusieurs initiatives hybrides se mettent du coup progressivement en place. Le consommateur achète en ligne et vient récupérer son produit en boutique, à l'instar, en France, de Morgan, Darty ou encore de King Jouet, ou au contraire la boutique devient une vitrine avec un cœur de gamme en magasin et le reste présenté via des outils comme l'iPad. C'est ce que fait But avec ses But Cosy, des espaces réduits implantés en zones rurales. D'autres marques s'intéressent également de plus en plus au concept de la boutique installée en fonction d'un moment, d'une occasion, ou d'une activité. Une approche finalement entièrement tournée autour du produit. A l'image de Kaviari, qui utilise le concept de boutique éphémère pour vendre un produit, de Glagla Shoes, qui introduit des espaces de vente dans des clubs de sport, ou d'enseignes comme Carrefour qui, après d'autres comme Tesco, installent des murs de produits dans des lieux publics. Concept qui complète une offre de distribution, et ne la remplace pas.

La relation client avant tout

Ce qui réunit toutes ces initiatives ? La relation client. En effet, plus que renforcer sa présence sur un canal ou un autre, on se rend compte que le principal est de fournir un service cohérent, homogène et personnalisé, en utilisant pour cela les outils et canaux à sa disposition. Plus que confrontation ou fusion du canal traditionnel ou en ligne, l'avenir semble finalement surtout fait de multiples formes de magasins qui, certes, auront homogénéisé les canaux, mais de façons différentes et dont on commence juste à percevoir les contours. Cela, d'autant que le constat n'est pas le même pour chaque marché, la stratégie à adopter pour le secteur culturel étant profondément différente de celle que suivra le prêt à porter ou l'électroménager.

 

Quel est l’avenir du commerce physique dans le monde réel ?

Par Elyse Charvin 12 décembre 2012 Laisser un commentaire
e-commerce

Le magasin "brick and mortar" n’est pas voué à disparaître. Mais son fonctionnement va changer pour laisser place davantage de complémentarité entre les canaux.

Le magasin tel que nous le connaissons aujourd’hui est-il mort ? D’après l’étude web-acheteurs : Les dix idées reçues du e-commerce France et International*, c’est un stéréotype. Idée qui vient conforter une précédente étude du groupe sur la question. L’étude révèle en effet que si en effet, dans les domaines culturels, les 2/3 consommateurs préfèrent l’achat via internet, dans des secteurs comme l’alimentaire le magasin physique est privilégié à 82%. En fait «pour les produits banalisés comme l’électroménager on a tendance a beaucoup faire d’achat sur internet, par contre les produits qu’il faut toucher comme l’alimentaire ou l’ameublement, on se déplace en magasin à plus de 60%» confie François Soubien, associé stratégy and operation grande consommation et distribution chez PWC. A quoi va donc ressembler le commerce physique de demain ? Sur tout ce qui est non-alimentaire se pose la question du format du magasin. La fonction de ce dernier est-elle seulement la vente ou également celle des showroom de démonstration ? Selon François Soubien, «vu les tendances, la distribution de demain se fera essentiellement via internet. Et les magasins traditionnels seront soit plus généralistes avec moins de profondeur de gamme, soit spécialistes mais avec des fonctions de recherches, d’aide de démonstration beaucoup plus importantes qu’aujourd’hui».

Complémentarité des canaux

En outre, la problématique clé dans la distribution traditionnelle est le taux de fréquentation. Afin de faire venir les consommateurs en magasin il est donc nécessaire de redimensionner ses formats de magasins pour les mettre dans des zones à fort trafic, comme par exemple dans des zones marchandes, ou dans des galeries commerciales qui ont un positionnement suffisamment attractif pour faire venir des clients. « Il faut également une véritable interdépendance entre les canaux » ajoute François Soubien. Il juge en effet que dès lors qu’il n’y a pas de complémentarité multicanale, il y a un risque d’incohérence sur le prix, sur la nature des mises en avant, sur l’approche commerciale que l’on va prendre. Et cela peut pénaliser la marque et détourner les clients du magasin. C’est pourquoi le parcours client doit être fluide entre ces canaux.

Qualité de service et marketing innovant

 La neuvième idée reçue citée dans l’étude est «Ventes en ligne + ventes en magasin = jeu à somme nulle». Cette idée s’avère fausse puisque plus de 50% des web-acheteurs dépensent plus avec leurs enseignes multicanales favorites. En fait, La conjonction des médias permet de faire plus qu’une somme nulle. Les web-acheteurs sont prêts à dépenser significativement plus auprès de leurs acteurs favoris si ces derniers fournissent une bonne qualité de service ainsi que des produits une approche marketing innovants. Enfin, l’étude révèle que l’enjeu majeur des acteurs du e-commerce est de devenir l’acteur favori des webacheteurs, afin d’accroître leur part de portefeuille. Les acteurs doivent aujourd’hui adapter leur stratégie web par pays, comme ils ont adapté leurs magasins physiques.

Haut de page

Réagir à cet article

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
En soumettant ce formulaire, vous acceptez la politique de confidentialité de Mollom.

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas