Les dossiers de l'Atelier

L'électronique portée et connectée, bientôt un accessoire comme un autre ?

Montres reliées au smartphone, tatouages esthétiques mesureurs de la forme d'un individu, lunettes intelligentes... 2013 pourrait bien voir le développement véritable d'un marché annonciateur de multiples services.

électronique portée

 

 

Vêtements connectés, électronique portée... Si les projets de recherche autour de la connectivité des objets que l'on porte afin d'améliorer notre quotidien occupent la recherche depuis de nombreuses années, ils n'étaient pas encore véritablement entrés dans notre quotidien. Voilà qui est de plus en plus chose faite. Juniper Research a publié récemment un rapport dans lequel il estime que les lunettes connectées et autres systèmes électroniques portés sur le corps et donnant accès à des services devraient représenter un marché d'1,4 milliard de dollars en 2014. Un marché porté par le secteur du bien être, investi par des marques comme Nike, avec son Nike+, pour communiquer autrement. Et par des acteurs spécialisés comme Fitbit. Les fameuses lunettes de Google, prototype annoncé en grande pompe, ont dû aussi jouer un rôle non négligeable dans cette adoption.

Santé, bien être, divertissement

Evidemment, le premier marché qui devrait en bénéficier devrait donc être celui de la santé et du bien-être. Qu'il s'agisse de vêtements "intelligents" capables de prélever des données physiologiques et de les interpréter, via son smartphone. Ou de composants spéciaux, comme des tatouages par exemple. Le but étant d'être plus proactifs et dans la prévention face à sa santé, mais aussi de mieux gérer les maladies existantes. Le secteur du divertissement aussi devrait largement en profiter. Si le projet Woven est un concept, qui fait du vêtement un véritable élément d'un jeu de rôle, on peut imaginer bien d'autres interactions. Plus simplement, ces objets peuvent être tout simplement développés pour plus de praticité : contrôle de son smartphone à distance...

Vers des changements de business model

Autre secteur qui devrait y trouver des opportunités : celui du commerce. Avec des lunettes connectées, on peut ainsi penser à des interactions directes avec le client, voire des achats. Mais les acteurs d'un écosystème ne sont pas les seuls à qui cette envolée de l'électronique portée et connectée s'adresse. Dans la lignée de Nike, ce sont toutes les entreprises qui ont tout intérêt à y jeter un œil appuyé. Se positionner sur le secteur, c'est peut être la possibilité de proposer du service de qualité, apte à fidéliser les individus. Quitte à changer en partie son modèle de fonctionnement.

 

 

Les capteurs médicaux se portent désormais en tatouage

Par L'Atelier - Paris 07 décembre 2012 Laisser un commentaire
Vinci Hung

Afin de mesurer plusieurs indicateurs physiologiques, des chercheurs de l'université de Toronto à Scarborough ont mis au point un capteur sous la forme d'un tatouage temporaire.

Un capteur médical qui s'attache à la peau comme un tatouage temporaire pourrait aider les médecins à détecter les problèmes métaboliques chez les patients et faciliter le travail  des entraîneurs dans la formation des athlètes. Celui-ci, en forme de visage souriant, peut en fait détecter des changements dans les niveaux de pH de la peau en réponse à un stress métabolique de l'effort. Des dispositifs similaires, appelées électrode ion sélective (ISE) sont déjà utilisés par les chercheurs médicaux et des entraîneurs sportifs. Ils peuvent donner des indices sous-jacents aux maladies métaboliques telles que la maladie d'Addison, ou tout simplement signaler si un athlète est fatigué ou déshydraté pendant l'entraînement. Ces appareils sont également utiles dans l'industrie cosmétique, pour la surveillance des sécrétions de la peau. Mais les dispositifs existants peuvent être encombrants ou n’adhèrent pas beaucoup à cause  de la transpiration cutanée. Le nouveau capteur sous forme de tatouage reste en place pendant les essais, et a continué de fonctionner même lorsque les personnes qui les portent pratiquent une activité sportive et transpirent beaucoup.

Comment cela fonctionne ?

Ce nouveau tatouage avec une électrode ion sélective (ISE) est fait grâce à l’utilisation de techniques de sérigraphie basique et du papier de transfert de tatouage disponible dans le commerce du papier. En effet, pour mettre au point les capteurs, Vinci Hung et ses collègues ont utilisé une machine de sérigraphie standard pour fixer des couches successives d'argent, de fibre de carbone modifié, des encres isolantes, suivie d’une électropolymérisation de l'aniline pour compléter la surface de détection. Dans le cas du capteur en forme de visage souriant, les "yeux" ont la fonction d’électrodes, et les "oreilles" sont le contact à un dispositif de mesure qui peut se connecter. Les tatouages ont été appliqués de la même manière que les décalcomanies ordinaires. C’est-à-dire à l’aide d'une serviette en papier imbibée d'eau tiède pour enlever le papier de base.

Un tatouage en forme de sourire

Vinci Hung, candidate au doctorat au Département de physiques et de sciences de l'environnement à l'Université de Toronto à Scarborough (UTSC), qui a aidé à créer le nouveau capteur explique qu’ils voulaient "un design qui pourrait dissimuler les électrodes". En outre ils souhaitaient " également mettre en valeur la diversité des conceptions qui peuvent être accomplies avec cette technique de fabrication".En utilisant différents matériaux de détection, les tatouages peuvent également être modifiés afin de détecter d'autres composants de la sueur, comme le sodium, le potassium ou le magnésium, susceptibles d'intéresser les chercheurs en médecine et en cosmétologie.

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