Les dossiers de l'Atelier

Fracture(s) numérique(s) : un phénomène qu'il faut penser au pluriel

La difficulté d'accès à Internet, au haut-débit ou plus généralement aux technologies est fonction de critères très divers : géographique, socio-économique mais aussi démographique (âge, sexe)...

Fracture numérique

Face à l'Internet et aux nouvelles technologies, tous les humains ne sont pas égaux. Longtemps polarisé sur les différences Nord/Sud, le débat apparaît aujourd'hui plus complexe. Dans les pays occidentaux, les seniors semblent ainsi toujours souffrir de la fracture numérique. Et pour étendre l'accès au haut-débit à nos aînés, rien ne sert de s'appuyer sur un argumentaire technologique ; mieux vaut évoquer la possibilité de rester en contact avec ses proches. Pour le reste de la population, l'argument financier, sans être caduque, est à relativiser puisqu'il apparaît comme très suggestif selon l'importance accordée au Web.

Les facteurs socio-économiques essentiels

Cette focalisation sur l'accès aux infrastructures Internet n'est d'ailleurs qu'une toute petite partie de la solution au problème, comme le souligne l'université de Northwestern, les facteurs socio-économiques entrant fortement en compte. C'est d'autant plus inquiétant que l'aisance avec les nouvelles technologies influe sur la réussite scolaire. Tous les "digital natives" n'ont donc pas Internet dans le sang, comme on se plait parfois à le penser. D'ailleurs, les femmes restent les grandes exclues du milieu technologique professionnel, malgré le basculement de génération. En cause ? Des conditions de travail différentes entre les sexes.

Europe : des mesures pour prendre le taureau numérique par les cornes

Par 06 mai 2010
Mots-clés : Digital Working, Europe

Pour que l'Union Européenne redevienne un maillon fort du secteur high-tech, Digital Europe liste ses recommandations dans un rapport. Au programme, partenariats public-privé, éducation, infrastructures réseaux...

Pour rattraper son retard dans le domaine technologique, l'Europe doit se concentrer sur le développement de trois secteurs clés : les logiciels, l'Internet des objets et des services, et le haut-débit mobile. Ce sont en tout cas les recommandations de Digital Europe qui se veut le porte voix du secteur IT* auprès de l'Union Européenne. Dans son rapport, l'association explique que le rétablissement de la compétitivité de la région dans ces domaines devra s'appuyer sur sept piliers. En premier plan, on trouve le développement des infrastructures et des réseaux de nouvelle génération, indispensables à de nombreuses applications et notamment l'informatique dans les nuages. Pour y parvenir, Digital Europe préconise entre autres de multiplier les partenariats entre le secteur public et privé.
L'Europe doit se fixer des objectifs ambitieux
Pour le consortium, la recherche et le développement sont également essentiels. L'objectif que s'est fixé l'UE d'investir en R&D à hauteur minimale de 3% de son PIB d'ici à 2015 apparaît alors comme un minimum qui ne saurait suffire. Les auteurs de l'étude insistent sur la nécessité de favoriser la recherche appliquée qui permet de transformer le fruit de la recherche en produits et services. Par ailleurs, l'Europe doit aussi veiller à protéger ses créations en améliorant les règles portant sur la protection de la propriété intellectuelle et le copyright. Selon le rapport, l'accent doit aussi être mis sur l'apprentissage des nouvelles technologies afin de sensibiliser toutes les tranches de la population. Par exemple, à court terme, équiper l'ensemble des écoles primaires de l'Union en haut débit constitue un objectif réalisable.
Jouer un rôle fort dans un futur internationalement numérique
Les autres points abordés dans le rapport concernent le développement d'un marché unique du numérique et la sécurité en ligne. Ce que l'Europe a réussi pour le commerce de marchandise physiques et de nombreux services, elle doit à présent l'appliquer pour l'e-commerce. D'autant que celui-ci concerne souvent les mêmes biens et services. L'UE doit également veiller à la protection de ses transactions en améliorant la qualité des systèmes de paiements, affirme également le rapport. Enfin, le groupe de pression se fait l'avocat d'un environnement commercial libéral afin de "permettre un accès international à l'innovation, de la meilleure qualité et au meilleur prix".
* Plus de 60 entreprises - dont Microsoft, Adobe et Nokia - et 40 associations professionnelles en sont membres.

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