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Google US : les futurs gagnants, sa stratégie post-IPO, la réplique préparée par Yahoo

Dans un récent dossier, nous mettions en avant les nouveaux enjeux de la bataille que se livrent aujourd'hui les moteurs de recherches sur Internet, en interviewant plusieurs spécialistes européens...

Dans un récent dossier, nous mettions en avant les nouveaux enjeux de la bataille que se livrent aujourd’hui les moteurs de recherches sur Internet, en interviewant plusieurs spécialistes européens. Qu’en est-il aux Etats-Unis ? A la veille de son introduction en Bourse, comment Google envisage-t-il d’utiliser l’argent qu’il devrait récolter après son IPO ? De quelle manière Yahoo souhaite réagir ? Quels sont les heureux élus, fonds d’investissement ou particuliers, qui ont su dès le départ investir dans le projet de Serguei Brin et Larry Page, les fondateurs du premier moteur de recherche au monde ?

Michel Ktitareff

Google ou les bonnes affaires des investisseurs précoces

Par 28 mai 2004

Comment transformer 13 millions de dollars en …2,5 milliards de dollars ? Il suffisait de les investir dans Google en 1999, peu de temps après la création de la société. C’est ce qu’ont fait deux des plus fameuses firmes de capital-risque de la Silicon Valley...

Les Venture Capital de Google

Comment transformer 13 millions de dollars en …2,5 milliards de dollars ? Il suffisait de les investir dans Google en 1999, peu de temps après la création de la société. C’est ce qu’ont fait deux des plus fameuses firmes de capital-risque de la Silicon Valley : Kleiner Perkins Caufield & Byers et Sequoïa Capital.

Réputées pour leur sélectivité, elles n’en sont pas à leur première réussite : ainsi, Sequoïa avait investi le premier million de dollars dans Yahoo, valorisé à plus d’un milliard lors de l’entrée en Bourse… « C’est ainsi, les firmes de capital-risque qui réussissent se doivent de trouver un « éléphant blanc » qui va payer – et au-delà – pour tous les investissements moins positifs », explique Vincent Worms, general partner de Partech International, à San Francisco.

L’argent récolté par ces firmes de capital-risque ira rétribuer les investisseurs institutionnels qui ont permis la réunion de l’ensemble des fonds qu’elles gèrent. En offrant des rendements plus élevés que les autres formes de placements (Bourse, obligations, etc..), ces firmes de capital-risque continueront à attirer les investisseurs et pourront ainsi financer demain les futurs Yahoo et Google.

C’est ainsi qu’en se révélant plus efficace que partout ailleurs dans le monde, le modèle de la Silicon Valley perdure depuis un demi-siècle. Il est tellement efficace que les firmes expérimentées ne seront pas les seules gagnantes dans cette gigantesque « success story ».
Des personnalités connues ont aussi parié sur Google

Ainsi, Andy Bechtosheim, professeur à l’université de Stanford et co-fondateur de Sun Microsystems, va se retrouver quasi milliardaire grâce au chèque de cent mille dollars – le premier investissement consenti, dès 1998, aux deux fondateurs, Sergey Brin et Larry Page, alors étudiants. Pour l’anecdote, aucun de ces deux-là n’auraient eu de compte en banque pour encaisser ce fameux chèque, à l’époque…

Un autre bénéficiaire inattendu de l’IPO de Google : le gouverneur actuel de la Californie, Arnold Schwarzenegger, connu pour son talent d’homme d’affaires – en plus de ses prouesses à l’écran. C’est ainsi qu’il avait investi dans un fonds actionnaire de Google une somme évaluée entre 100 000 et 1 million de dollars. Mieux que n’importe lequel de ses cachets…

En réalité, la liste des actionnaires précoces de Google ressemble à celle du Who’s Who. Ainsi, le meilleur golfeur du monde, Tiger Woods ou l’ancien chef de la diplomatie américaine, Henry Kissinger, feraient eux aussi partie des investisseurs chanceux.

Plusieurs firmes de high tech – certaines parmi les concurrents même de Google – vont aussi décrocher le gros lot. Ainsi, Yahoo, à l’origine un partenaire de Google et aujourd’hui son rival en matière de technologie de recherche, a investi 10 millions de dollars dans la firme de Mountain View. Time-Warner possède également plusieurs millions d’actions et a la possibilité d’en acquérir d’autres à un prix inférieur à celui du marché. Et la liste n’est pas close.
Michel Ktitareff

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