Les dossiers de l'Atelier

Le Green IT, c'est déjà du concret

Les solutions pour rendre verte l'informatique ne manquent pas. Que ce soit au moment de la fabrication des matériels ou dans leur utilisation dans les centres de données des entreprises utilisatrices.

Entre les solutions matérielles (processeurs multi coeur, etc.) et les optimisations logicielles (virtualisation, consolidation), les axes de progrès ne manquent pas pour limiter la consommation énergétique, l’occupation d’espace ou encore l’utilisation de métaux rares et/ou polluants. Le Gartner Group a placé l’informatique verte dans son Top 10 des préoccupations des responsables informatiques pour 2008. Mais est-ce que ces derniers, ou les particuliers, considèrent réellement la problématique environnementale lorsqu’ils acquièrent un ordinateur ?
Plus polluant que le transport aérien
Tout le monde devrait être au courant désormais des enjeux : nous manquons d’énergies fossiles, l’informatique en consomme beaucoup et de plus en plus ; nous rejetons trop de carbone dans l’atmosphère, en particulier à cause de notre consommation électrique. L’informatique, d'ailleurs, est responsable de plus de rejets que le transport aérien par exemple. "Heureusement", l’envolée des prix de l’énergie provoque un autre réveil. Selon les experts, la facture énergétique de l’informatique devrait ainsi représenter d’ici cinq ans près de 60% de la facture globale des entreprises. Malgré cela, les multiples politiques de développement durable n'engagent pas à cesser d’investir dans les ordinateurs, mais plutôt à maîtriser la consommation, les rejets polluants, etc.
Limitation des déplacements
Car l'informatique a aussi des effets vertueux sur l'environnement : elle permet de limiter les déplacements (web conferencing, télétravail) ou la consommation de papier (dématérialisation). De nombreuses initiatives, venues des fournisseurs informatiques, ont d'ailleurs vu le jour. On peut même reconnaître aux fournisseurs une certaine cohérence et, dans le cas de Sun, une certaine opiniâtreté : la société a commencé à prêcher en faveur de l'environnement dès 2003. Elle participe, par exemple, à l’initiative CSCI (Climate Savers Computer Initiative) qui s’est donné des objectifs concrets comme la réduction des rejets liés à la consommation, de cinquante quatre millions de tonnes de carbone en 2010.

Le vert est aussi une affaire de bonnes pratiques individuelles

Par 28 mars 2008
Mots-clés : Smart city

Dans des groupes où l'informatique est décentralisée, la réduction des nuisances environnementales passe en bonne partie par les fameuses "best practice".

La question du développement durable est souvent abordée au niveau du siège de l'entreprise. Cependant les unités sont de plus en plus prises en compte. Une prise de conscience qui prend tout son sens dans des groupes comme Accor, une entreprise en réseau avec quatre mille hôtels dans le monde, qui se caractérisent chacun par une grande autonomie. La place est désormais à l’action avec, par exemple, des objectifs affichés de réduction de la facture énergétique de 5 % à partir de 2007. "Il y a cinq ans environ que la politique de développement durable s’est mise en place, et aujourd’hui la dimension sociale et environnementale occupe le quart de la pagination du rapport annuel",  explique Laurent Guiouiller, directeur administratif et financier de la DSI d'Accor.
Des réponses apportées dans l'urgence
Au niveau de l’informatique, le groupe en est plutôt au stade de la prise de conscience et de la recherche d’indicateurs pertinents. Il dispose de deux gros datacenters (pour la réservation et les ERP), mais son informatique est surtout décentralisée et la plupart des systèmes résident dans les hôtels qui ont chacun leur PMS (Property Management System). La plupart des actions menées le sont d’abord sous contrainte. Par exemple, la consolidation des serveurs a été engagée alors qu’Accor en possédait environ deux cents : il y en a sept cents cinquante aujourd’hui. Conséquence : à partir de 2006, dans des salles informatiques qui n’avaient pas été conçues pour une telle concentration de machines, les températures se sont envolées jusqu’à trente-cinq degrés. Parmi les réponses apportées alors, beaucoup font partie des bonnes pratiques de l’informatique verte aujourd’hui. A savoir la création d’allées froides et chaudes, ou la suppression des portes vitrées sur les serveurs, esthétiques certes mais totalement absurdes quand on veut les refroidir.
Développement durable décentralisé
"Sun assistait Accor pour le recyclage des serveurs", rappelle Ludovic Lacote, responsable de la production informatique au sein du groupe Accor. Il explique qu'il est encore assez difficile de faire passer certains messages, par exemple en ce qui concerne l’extinction des micros. Ils doivent rester allumés 24 h sur 24, épousant le rythme des hôtels. Ceux-ci n’ont pas de salles informatiques, pas de climatisation adaptée. Ainsi, l’effort porte pour l’heure sur le référencement du matériel, avec peu de critères sur la consommation, un peu plus sur l’encombrement ou l’esthétique. Accor a cependant plus progressé sur les aspects de recyclage, en travaillant avec des associations caritatives comme Emmaüs. Il y a également des avancées dans le domaine de la consolidation, à commencer par les serveurs d’infrastructures. Une autre piste serait le référencement des entreprises "vertes" plus positivement dans les processus d’achat pour qu’elles se mobilisent encore plus.

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas