Les dossiers de l'Atelier

IFA : vers un environnement high-tech intelligent et omniprésent

Après Los Angeles, c'est à Berlin que L'Atelier s'est rendu, pour découvrir les nouveautés présentées à l'IFA. Avec une attention particulière aux projets visant à développer les services high-tech de demain.

L'IFA, c'est l'un des salons majeurs de l'électronique grand public en Europe. Pour les consommateurs et les professionnels, c'est donc l'occasion rêvée de partir découvrir les dernières nouveautés high-tech, des écrans plats aux GPS en passant par les machines à laver qu'ils pourront prochainement s'offrir. Cette année, d'ailleurs, la tendance était à la multiplication des écrans, à la convergence et à l'économie d'argent et d'énergie. Réfrigérateurs télévision, appareils photo qui se rechargent au vent, écrans ultra plats qui diffusent des œuvres d'art quand ils sont en veille...

Un environnement high-tech permanent

L'Atelier est parti à la découverte des technologies qui feront notre environnement de demain, et auquel tout un hall était réservé. Parmi les projets présentés, plusieurs ont retenu notre attention. Leur credo : trouver des moyens d'exploiter nos cinq sens pour contrôler les appareils multimédia, améliorer l'interaction homme/machine grâce à l'intelligence artificielle... Le tout, pour mettre en place un environnement high-tech intelligent et omniprésent, peu invasif et destiné à nous simplifier les tâches du quotidien. Panorama.

Spécial IFA : l'espace sert aussi de souris

Par 03 septembre 2008
Mots-clés : Smart city, Europe

Le Fraunhofer présente une interface homme-machine qui contrôle un écran par de simples gestes : l'utilisateur effectue des mouvements dans l'air, interprétés par des caméras infrarouges et des systèmes de tracking.

Les écrans tactiles permettent déjà de se diriger sur un écran sans avoir besoin de clavier. Le Fraunhofer dématérialise totalement le contrôle d’un ordinateur : à l’occasion du salon berlinois de l’électronique grand public IFA, l’un de ses instituts, le Heinrich-Hertz, a présenté un système permettant de se diriger sur un écran par le geste, sans avoir aucun contact avec une autre surface. Le dispositif, baptisé iPoint Presenter, consiste en un vidéoprojecteur, des caméras infrarouges qui détectent le mouvement, et des logiciels de tracking et d’interprétation des gestes en 3D. Pour sélectionner un onglet, il faut avancer la main. Inversement, il faut ramener le bras à soi pour relâcher un contenu. Sur le même principe de l’iPhone, il suffit de réaliser l’un de ces gestes avec les deux mains pour étirer une image, ou au contraire la rétrécir. Le système fonctionne avec des fichiers statiques comme des documents textes ou des photos, mais aussi avec des vidéos.
Des applications en entreprise et publicitaires
La rédaction l’a essayé : si la première tentative est désarmante, la prise en main est rapide. Les caméras infrarouges sont précises, et sélectionner les onglets que l’on souhaite afficher et les étirer devient vite un exercice très simple à réaliser. Seul bémol : le système en lui-même est encore assez invasif : il consiste en une boîte de la taille d’une grosse unité centrale, près de laquelle il faut se tenir pour que les caméras puissent identifier les gestes réalisés par l’utilisateur. Les applications de l’iPoint Presenter sont nombreuses. "Le système fonctionne dans tous les contextes où l’on utilise généralement une souris. Pour le moment, nous travaillons avec des chirurgiens et autres professionnels du secteur de la santé", explique à L’Atelier Jasmin Heunmann, une étudiante qui souhaite valider son diplôme avec ce projet. Et d’ajouter : "cela leur permettra de faire défiler les vues de l’organe qu’ils sont en train d’opérer, par exemple, sans courir de risque au niveau de l’hygiène".
Une technologie à priori peu onéreuse
Il s’adresse également, évidemment, aux professionnels, pour leur permettre d’interagir à plusieurs sur des documents de travail affichés sur un écran. Autre utilisation, d’un point de vue marketing : la mise en place d’écrans avec lesquels les passants peuvent interagir, dans des centres commerciaux ou des gares. Les applications grand public sont aussi envisageables mais à plus long terme. "Il faudrait repenser le dispositif si l’on veut permettre aux individus de l’utiliser chez eux, pour regarder la télévision, ou contrôler leur PC", ajoute Jasmin Heunmann. Le système est encore à l’état de prototype. Impossible d’avoir du coup une idée du prix auquel il pourrait être proposé, notamment au secteur médical. Mais, conclut la jeune chercheuse, "il ne devrait pas coûter très cher. Les composants, à part nos logiciels de tracking, ne sont pas très onéreux".

Mathilde Cristiani, envoyé spécial de L'Atelier à Berlin

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