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Les maladies chroniques, nouveau cheval de bataille des acteurs de l'e-santé

Un nombre croissant d'entrepreneurs concentrent leurs efforts sur l'accompagnement des patients souffrant de maladies chroniques. Si ces produits et services de niche offrent de belles perspectives pour mieux comprendre ce type de maladies, l'impact du numérique sur la santé des patients concernés reste à prouver.

Personne en noir et blanc tenant à deux mains un coeur rouge

Dossier publié à l'occasion de la Learning Expédition e-santé organisée par L'Atelier en Silicon Valley. 

Cela fait désormais deux ans que l’on constate un intérêt grandissant pour les problématiques liées à la santé. Le nombre de start-ups liées à l’e-santé augmente à vive allure, les investissements sont en hausse, et des acteurs comme RockHealth, incubateur dédié à la santé, permettent de cimenter les différents acteurs de cet écosystème encore jeune. Si certaines innovations visent essentiellement à accompagner l’utilisateur lambda dans sa vie quotidienne, et encourager des modes de vie plus sains, un nombre croissant de start-ups font des maladies chroniques leur cheval de bataille. Contrairement aux produits de bien-être grand public, les services, applications et appareils qui se concentrent sur les cas chroniques ont une approche extrêmement niche de l’eSanté.

Aider les patients à affronter la maladie au quotidien

L’objectif est, le plus souvent, d’accompagner le patient jour après jour, aussi bien sur le plan physiologique que psychologique. Par exemple, AliveCor a mis au point une coque d’iPhone qui permet aux patients souffrant d’une insuffisance cardiaque chronique de surveiller leur santé; Glooko propose un appareil et une application mobile qui permettent aux grands diabétiques de mieux surveiller leur taux de glucose. Les start-ups qui s’attaquent à ce secteur ciblent des populations qui ont un vrai besoin… d’être plus connectés, de se rassurer en suivant leur pouls ou leur taux de glucose à tout moment, de communiquer facilement à leur médecin. Le marché des maladies chronique présente également l’avantage de s’adresser à des populations qui peuvent bien sûr devenir une clientèle très fidèle, et ce sur le long terme.

Mieux comprendre la maladie, oui, mais mieux la traiter ?

Dans le cadre de Big Data, la multiplication de services et produits de niche permettent de récolter des données concernant des maladies et des populations bien délimitées. Cela permet d’affiner la recherche, constitue une opportunité de mieux comprendre certaines maladies chroniques et pourquoi pas, d’améliorer les traitements. Asthmapolis, qui permet aux asthmatiques de suivre l’évolution de leurs symptômes, permet ainsi aux chercheurs, lorsqu’ils agrègent ces données, de déterminer les zones géographiques les plus à risque pour les asthmatiques, et de corréler ces résultats avec le niveau de qualité de l’air. Cela dit, les avis divergent quant à l’efficacité de certains services ou produits. Dans le cas du diabète, par exemple, une récente étude démontre que les programmes d’accompagnement automatisés ont un effet quasi nul sur l’évolution du taux de diabète des patients. 

Une application mobile pour les patients souffrant de diabète

Par 22 janvier 2013 3 commentaires
patient se servant de son glucomètre

L'application et l'équipement de Glooko permet aux patients diabétiques d'importer les données récoltées par leur glucomètre directement sur leur téléphone mobile, et de partager les données avec leur médecin en quelques clics.

Les appareils médicaux pour mobile peuvent avoir un impact réel sur la vie des personnes dont l’état de santé requiert un monitorage permanent. C’est le cas des personnes souffrant de diabète, qui ont besoin de récolter quotidiennement un certain nombre de données, allant de leurs niveaux de glucose à leurs habitudes alimentaires. Dans la mouvance du Quantified Self, Glooko a développé une solution qui tire parti de la mobilité croissante des patients pour leur rendre la vie plus facile, grâce à la mesure de données relatives à leur état de santé, et à leur mode de vie. En plus de rendre le quotidien des patients plus agréable, Glooko améliore le partage de ces données entre patients et médecins.

Des outils de Quantified Self pour mesurer les niveaux de glucose

Glooko se compose d’une application mobile et d’un câble. Le câble, compatible avec une dizaine de glucomètres en vente sur le marche, permet à l’utilisateur de transférer les données enregistrées par son glucomètre dans son iPhone. L’application prend le relai et permet de gérer ces données. L’application se présente sous forme de journal de bord. Celui-ci comprend les niveaux de glucose mesurés par le glucomètre, mais aussi d’autres données qui peuvent affecter les niveaux de glucose dans un sens ou dans un autre. Par exemple, l’utilisateur peut entrer ce qu’il a mangé, et des informations relatives à sa prise d’insuline.

Qui facilitent le suivi de l'état de santé par les médecins

Le produit de Glooko facilite également le suivi des patients par leur médecin. L’utilisateur peut à tout moment partager avec son médecin les données récoltées, en préparation d’un rendez-vous par exemple. Mais surtout, l’application organise les données et les analyses, de sorte que patients comme médecins ont accès non pas à un tableau Excel, mais à des graphiques et courbes détaillés, et précis. Il est ainsi possible de voir la courbe d’évolution des niveaux de glucose du patient sur une journée, le niveau moyen de glucose du patient selon l’heure de la journée, selon le jour de la semaine, en fonction de différents paramètres, et l’évolution générale de l’état de santé du patient dans le temps. 

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3 Commentaires

On notera également www.alantaya.com qui se positionne plus sur la partie nutritionnelle des personnes atteintes de maladies chroniques.

Soumis par idee repas diabete (non vérifié) - le 04 mai 2013 à 17h52

Super le progrès pour la sécurité et la prise en charge de ce type des patients. Reste à voir qui se peut s'acheter des appareils dotés de cette fonction et qui est capable de les utiliser. Là encore on voit ressortir l'innegalité d’accès au soin. Mais est suffisant pour empêcher d'aller à l'avant ? J'espère que non.

Soumis par istefan - le 05 mai 2013 à 08h17

Que de progres!
http://www.encrexpert.fr/

Soumis par AlineDaniel (non vérifié) - le 01 avril 2014 à 15h02

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