Les dossiers de l'Atelier

La médecine à distance voit loin

Domotique, informatique et télécommunications redessinent les contours d'une médecine qui s'opère toujours plus "à distance". L'Atelier s'est penché sur les technologies et usages innovants du secteur de la santé.

Stétoscope

La télésanté faisait l'événement jeudi 20 mars. C'est une large communauté d'acteurs de cette "discipline" - médecins, chercheurs, entreprises - et francophone que le CATEL a réunie pour son rendez-vous interactif du Télésanté 2008. Une session de tables rondes internationale - les participants étaient reliés par visioconférence depuis trois continents -, celle-ci s'est centrée sur nombre de projets technologiques autour de la prise en charge des patients. L'occasion de revenir sur l'existant et sur les développements à venir.

Environnement technologique

Au programme : télémédecine bien sûr, mais également domotique appliquée à la santé, et information numérique médicale, notamment pour répondre aux questions de l'autonomie des personnes âgées ou dépendantes. Une problématique qui trouve en partie sa solution dans la construction "d'habitats intelligents", selon l'association MEDetic. Celle-ci propose des lieux de vie adaptés, équipés de dispositifs domotiques et parsemés de capteurs.

La communication au service de la médecine

Autre sujet important, l'accès aux soins. Avec pour illustration les projets pilotes autour de la téléprésence menés en Ecosse par Cisco Systems, ainsi que les nouvelles solutions de valises médicales numériques qui émergent actuellement. Outre les applications de télésanté, les instruments médicaux "classiques" se sont aussi parés de technologies de communications. A l'image du concept de stéthoscope électronique porté par le projet STETAU.

Dossier réalisé par Julien François

L'Atelier BNP Paribas

Le stéthoscope se numérise

Par 28 mars 2008
Mots-clés : Smart city

Le projet STETAU vise le développement d'un stéthoscope électronique capable d'enregistrer les sons auscultatoires et de les transmettre via une connexion Bluetooth. Il promet de nouvelles applications médicales.

La technologie numérique risque bien de reléguer l'un des plus anciens instruments médicaux au rang d'antiquité. A l'heure d'Internet et des dossiers de santé numérisés, le stéthoscope va devenir à son tour électronique. Ce concept est l'objet du projet de recherche STETEAU auquel contribue Alcatel-Lucent dans le cadre de sa participation au pôle de compétitivité Innovations Thérapeutiques. Ici, le stéthoscope ne s'entend plus uniquement comme le prolongement de l'oreille du praticien, mais également comme un enregistreur et un transmetteur des sons auscultatoires. Il dispose en effet d'une connectivité Bluetooth qui lui permet de transférer les sons cardiaques ou pulmonaires captés vers un ordinateur ou un dispositif mobile de type PDA. Intérêt direct d'un tel système : il autorise la transmission et le partage de ces informations.
Partage des résultats
"Il s'agira d'un véritable outil d'aide au diagnostic. A travers une base de données accessible par plusieurs praticiens, le système permettra l'obtention d'une seconde opinion", commente Nicole Hill, directrice de la division santé du fournisseur franco-américain. On peut également imaginer des applications de système pour le suivi des patients à domicile. "Les personnes qui ont des maladies chroniques pourront s'examiner seules puis envoyer leurs résultats directement à leur médecin spécialiste", poursuit-elle. Outre sa connectivité, le stéthoscope électronique s'accompagnera d'une solution logicielle permettant la conversion des signaux sonores en une représentation visuelle sous forme de diagramme.
Visualiser les sons auscultatoires
Cette "photographie" du signal pourra être affichée directement sur l'écran du dispositif mobile ou du système informatique utilisé. L'utilisateur pourra ainsi passer à un résultat d'examen mêlant du son et de l'image "normalisés" par l'appareil. Un moyen d'établir plus aisément des comparaisons sur la base de diagnostics antérieurs. La possibilité de stocker ces informations et de les catégoriser en fonction des différentes pathologies observées est bien sûr envisagée. A terme, il est possible qu'une base de données de référence regroupant ces sons auscultatoires soit créée, pour ainsi contribuer à l'établissement de diagnostics plus fiables. Nicole Hill souligne enfin la qualité sonore d'un stéthoscope électronique qui sera capable de supprimer les bruits ambiants.

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