Les dossiers de l'Atelier

Parmi ses outils, le recrutement ne doit pas négliger les réseaux sociaux

Les initiatives visant à recourir aux médias sociaux pour recruter des employés, dont le nombre va croissant, semblent légitimer ce canal. Et ce, par les nouveaux avantages qu'il permet. Sans pour autant sonner le glas des méthodes traditionnelles

Recrutement

Si les utilisateurs d'internet sont de plus en plus impliqués sur les réseaux sociaux, et si le marketing se sert de ce canal pour atteindre sa cible, alors pourquoi ne pas y chercher à trouver ses futurs employés ? C'est la question que se posent de plus en plus de recruteurs. Cela, même si certains s'y opposent toujours ou n'y voient pas l'intérêt. Malgré tout, le recours à ces usages se diffuse, faisant des médias sociaux un canal de recrutement légitime trouvant sa place auprès des canaux plus traditionnels. Est-ce à dire, pour autant, qu'il ne s'agit que d'un nouveau CV ou que d'une nouvelle façon de publier une offre d'emploi ?

Un point de vue nouveau

Loin de là, et certains rivalisent d'originalité. On trouvera par exemple ExactME! qui propose aux candidats de se mettre en avant en mettant l'accent sur leurs compétences, et non sur le parcours qu'exige le CV traditionnel. UPstream, qui choisit ses employés en fonction de leur résultat à un jeu dédié. Ou encore Identified, qui veut pousser les plus jeunes à diffuser sur Facebook des informations relatives à leur cursus ou à leurs expériences en les classant entre amis. Pourquoi ? Car cela apporte aux candidats un nouveau moyen de se valoriser et aux recruteurs de nouvelles informations sur les premiers, par exemple plus axé sur la personnalité, voire de nouveaux profils.

La fin du CV papier ?

Mais aucune idéologie pour autant. Si les bénéfices impliquent que les entreprises devraient investir et adopter une vraie stratégie adaptée à leur activité et à leur besoin en recrutement, il ne faut pas oublier que, comme le CV, l'école ou l'entourage, les médias sociaux ne sont qu'un outil supplémentaire. Et que tous, qu'il s'agisse des recruteurs ou de leur public, n'y pensent pas ou ne considèrent pas ce canal. Et qu'il convient donc de l'intégrer à une stratégie globale.

Six secondes pour convaincre un recruteur

Par 19 avril 2012
Eye Tracking

C'est le temps moyen de la prise de décision de retenir ou pas un candidat en s'appuyant sur un CV version papier ou version électronique. Dans ce délai, quels éléments font la différence?

Combien de temps un recruteur consacre t-il à la lecture d'un CV ? C'est la question que s'est posée TheLadders, une société américaine qui fournit un service de recherche d'emploi en ligne. Dans un rapport* récemment publié, l'entreprise a mené une étude auprès de trente recruteurs sur une période de dix semaines. Le but : observer leur comportement avec une approche formelle et quantitative, et en utilisant la technique du "eye tracking".  Cette évaluation a permis de suivre le mouvement de leurs yeux, d'enregistrer et analyser le temps passé sur chaque CV. Résultat ? 6 secondes ! Soit le temps qu'un recruteur consacrerait à la lecture d'un CV…

Les points clés

L'étude a porté sur la lecture de CV en version papier mais aussi celle de profils en ligne comme sur Linkedin. Elle a également permis de détecter les points sur lesquelles les recruteurs ont un œil plus attentif. Ainsi 80% du temps consacré à chaque CV se concentrerait sur six éléments : le nom, la fonction et l'entreprise actuelle, les fonctions et entreprises précédentes ainsi que les dates de début et de fin de poste actuel et précédent(s) et enfin les diplômes.

Faciliter le travail du recruteur

En examinant les profils LinkedIn, le regard des recruteurs s'est porté en premier sur la photo du profil. 19% du temps serait d'ailleurs consacré à observer le minois des candidats. En contraste, l'étude montre que la visualisation d'un CV sur TheLadders nécessite moins d'effort cognitif pour le recruteur. Les points clés du profil ont été examinés beaucoup plus rapidement. Ainsi ces candidatures seraient 55% plus faciles à lire que celles postées sur LinkedIn qui seraient plus complexes à cause de la publicité notamment et de la richesse de l'information. Respecter la hiérarchie d'usage dans l'organisation des informations sur un CV est donc crucial pour permettre aux recruteurs d'aller à l'essentiel.

*Eye Tracking Online Metacognition: Cognitive complexity and recruiter decision making.

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas