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En plein essor, le BYOD a besoin d'un cadre

Entre la demande des salariés d'utiliser dans leur travail les dernières technologies leur appartenant, l'entreprise doit réaliser un numéro d'équilibrisme entre besoin des salariés et sécurité des données.

BYOD

Les nouveaux modes de travail avec toujours plus de mobilité et surtout la consumérisation amplifieraient la tendance à travailler avec ses propres équipements. Le "Bring your own device" (BYOD) est un phénomène qui prendrait de l'ampleur avec une adoption toujours plus importante des smartphones et des tablettes. Toutefois, ces pratiques rendent de plus en plus flous la frontière entre la vie privée et le milieu du travail amenant une grande confusion des genres : usage d'applications professionnelles à la maison, d'outils personnels au travail…

Un défi pour les entreprises

Les salariés seraient demandeurs pour utiliser leurs propres smartphones et tablettes selon une étude menée par Cisco, où ils seraient 57% a utilisé leurs appareils personnels, sans autorisation de leur employeurs. Et pour cause puisqu'un grand nombre d'entreprises américaines et européennes seraient réticentes à l'idée d'intégrer du matériel non-maîtrisé aux processus de travail. D'autres entreprises les tolèrent voir les encouragent, pensant que cela améliorerait l'efficacité et la productivité des salariés et permet de réaliser des économies significatives. Mais tout le monde ne serait pas du même avis.

Au-delà des murs… de l'entreprise

Le BYOD coûterait même plus cher et poserait surtout des problèmes de sécurité, ouvrant une brèche dans le système informatique de l'entreprise. Toutefois, nombreuses sont les entreprises qui n'encadreraient pas ces pratiques.  D'ailleurs, 48% des employés interrogés ont déclaré que leur entreprise était contre la mise en œuvre d'une telle politique selon une étude de Cisco. Une chose serait sûre, si ces politiques internes existent en matière de médias sociaux et d'usages des appareils mobiles, plus de 60% des sondés n'en auraient pas connaissance selon un sondage de Coalfire. Le mouvement du Bring your own device a besoin d'être encadré.

L'intégration du BYOD au sein de l'entreprise se fait par étapes

Par 24 juillet 2012
hands on computer

Toujours source d'inquiétude mais néanmoins inévitable, l'intégration du BYOD (« Bring Your Own Device ») poursuit sa lente intégration en entreprise. Quelques étapes clefs doivent toutefois être respectées.

Il y a près de trois mois, Kaseya, fournisseur de logiciel de management informatique, dévoilait que plus d'un quart des organisations informatiques considéraient que l’usage par les employés de leur propre appareils mobiles dans le cadre du travail représentait l'une des plus grandes menaces pour l'entreprise. Et pourtant, un autre rapport récent, cette fois à l'initiative de Forrester Research, mettait en lumière que 60% des entreprises encourageaient cette pratique. C'est donc à partir de ces deux constatations contradictoires que l'institut de recherche à eu l'idée d'éditer un manuel à l'intention des entreprises dont le but est de leur offrir les lignes directrices d'un passage en douceur au BYOD. Et pour cela, le mot d'ordre est la création d'une infrastructure informatique « sans état ». Première étape donc selon Forrester : modeler une stratégie mobile cohérente et à l'épreuve du futur.

S'adapter au BYOD en 4 étapes

L'étude encourage ainsi les entreprises à placer la mobilité au centre de leur stratégie de développement informatique pour les cinq ans à venir. Pour cela, il ne faudrait plus adapter le BYOD au cas par cas mais au contraire le normaliser à la totalité de l'entreprise. Le mieux serait donc de créer des applications-tests pour les salariés afin qu’ils puissent mieux apprendre les usages grâce à celles-ci, (par exemple sur l'utilisation de la bande passante ou encore sur la protection des données). Seconde étape : externaliser les applications par une approche progressive. Forrester encourage donc les entreprises à proposer aux salariés un canal de diffusion et de gestion d'applications sous la forme d'un « app store » d'entreprise, comme Apperian ou AppCentral. La troisième étape consiste à transformer sa stratégie de gestion des appareils mobiles en inspection de ceux à risque. L'aide d'une tierce partie, comme Iovation ou Silver Tail Systems peut être un atout. Enfin, l'étude recommande aux entreprises d'étendre leur stratégie mobile aux autres initiatives de transformation informatique, cela, dans un but d'économie évident.

Car l'usage n'est pas prêt de ralentir

Ces conseils ne sont pas superflus au vu des résultats des précédentes études de l'institut de recherche. Ainsi, 91% des consommateurs américains et 86% des consommateurs européens possèdent au moins un appareil connecté. Des chiffres qui ne devraient pas cesser de progresser puisqu'on attends d'ici à 2015 pas moins d'un adulte américain sur trois en possession d'une tablette. D'ailleurs, le rapport de Forrester rappelle que rien que sur la période de 2007 à 2010 les opérateurs mobiles ont vu le trafic de données sans fil augmenter de plus de 5000%. Preuve donc que plus qu'un simple objet de confort voire de productivité, le BYOD est en passe de devenir un « must-have » pour les utilisateurs mobiles et un « must-integrate » pour les entreprises.

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