Les dossiers de l'Atelier

La productivité, stimulée ou entravée par la mobilité et le numérique ?

Alors que les salariés sont de plus en plus nombreux à disposer d'appareils permettant de travailler de partout, et accèdent aux réseaux sociaux, la bataille n'en finit pas entre ceux qui estiment que ces outils et leur flexibilité améliorent la capacité de travail et le bien-être, et ceux qui au contraire évoquent enfermement et distraction.

salariés actif et productif

Pour beaucoup, c'est un fait, pouvoir travailler de chez soi, en extérieur ou au bureau, via des outils et des plates-formes dédiées, représente le moyen d'être plus autonome et plus efficace dans son travail. Une étude de Microsoft Canada soulignait ainsi en mars de cette année que 55 % des salariés canadiens interrogés considèrent être plus productifs quand ils travaillent en dehors de leur lieu de travail. Un constat qui ne fonctionne évidemment que si les outils dont ils disposent leur permettent de travailler efficacement. Mais qui remet de toute évidence en question les cadres traditionnels du lieu et de la conception de travail. Dans la même veine, alors que l'accès à des comptes personnels et la réalisation d'activités personnelles ont pendant longtemps été mal perçues, voire interdite, la généralisation des réseaux sociaux et des mêmes mobiles qui permettent d'y accéder de partout, sont aussi en train de changer certaines habitudes.

Améliorer son travail et les process de l'entreprise

Ainsi, une étude de Google revenait cette année sur le fait que désormais, près des trois quarts des cadres seniors utiliseraient au moins une fois par jour un réseau social interne ou externe. Et selon eux, cela améliorerait leur vie professionnelle comme les performances de l'entreprise. Evidemment, si les aspects positifs sont indéniables - même s'ils ne touchent pas encore toutes les catégories de salariés -, ils n'existent que si l'entreprise a mis en place les bons outils, et a aussi déployé les cadres législatifs et sécuritaires adéquats. Et c'est souvent là que le bât blesse. Pour beaucoup, ces méthodes de travail ou ces réseaux font encore peur (en témoigne l'étude de Clavister sur les problèmes de bande passante et de sécurité). Pour d'autres, le risque est grand de voir les salariés se démotiver et se désintéresser de leurs tâches, distraits par des sollicitations multiples.

Le risque de l'éparpillement

Des craintes dont on pourrait dire que, si les salariés sont sensibilisés, ne sont pas justifiées. Au contraire, leur consultation, épisodiquement, même si elle peut distraire, aurait aussi tendance à faire office de véritable pause et de permettre de poursuivre ensuite son travail de façon plus concentrée. Tout du moins si l'on en croit les résultats de l'étude de Palo Alto Networks. Reste qu'en effet, cette habitude prise de morceler son attention entre plusieurs supports, plusieurs contenus, de naviguer d'une boîte mail à un réseau social tout en postant un tweet, tend à fragmenter l'attention. Pour trois chercheurs américains du MIT notamment, cette capacité à être multitâches rendrait plus adaptable et polyvalent, mais ferait de nous des individus éparpillés. Et des individus qui pourraient avoir du mal à passer d'un contenu privé à un autre professionnel : l'accès à tout en permanence nous oblige à revoir les frontières entre nos vies privées et professionnelles. A noter que le sujet sera abordé lors de la journée organisée par le Club Digital RH et L'Atelier, le 13 septembre.

Choisir son lieu de travail favorise la productivité

Par 30 mars 2012
Homme travaille dans un aéroport

Pour bon nombre de salariés canadiens, pouvoir travailler depuis plusieurs endroits, en fonction de son emploi du temps, améliore la qualité du travail fourni. Encore faut-il pouvoir disposer des informations et des outils en mobilité.

Travailler au bureau ne rend pas forcément plus productif, comme le montre l'étude Flexible Workspaces menée par Microsoft Canada. Une majorité de 55% des employés interrogés, en effet, considère qu'ils sont plus productifs en travaillant en dehors du bureau. Mais encore faut-il que les collaborateurs disposent des outils nécessaires. Et pour cause, une large majorité du monde de l'entreprise - 90% d'employés et 95% de patrons - considèrent qu'il faut bénéficier des mêmes fonctions au sein comme à l'extérieur du bureau. Pour James Nicholson, spécialiste de déploiement de Windows avec Microsoft Canada, "au centre de leur style de travail, les employés s'attendent à augmenter les capacités technologiques qu'ils gardent avec eux - permettant la collaboration en temps réel via la vidéoconférence et l'accès sécurisé à leurs fichiers". Derrière les avantages ressentis dans le travail des employés et le sentiment de productivité, l'entreprise bénéficierait également d'avantages non négligeables, juge le rapport.

Un triptyque gagnant

D'abord, parce que si beaucoup d'employés cherchent la flexibilité au travail, cela devient un critère d'évaluation d'une entreprise. Ensuite, parce "les organisations qui seront couronnées de succès dans l'avenir sont celles qui suppriment les barrières entre les gens, le lieu de travail et de la technologie", ajoute James Nicholson. Une transformation vers la flexibilité qui s'appuie, selon Carolyn Buccongello, vice-présidente des Ressources humaines chez Microsoft Canada, sur trois points. La technologie, qui permet de briser le mythe du bureau comme lieu de travail. En effet, selon elle, "les frontières entre travail et vie s'estompent (...) et la technologie peut devenir la clé de la réinitialisation de ces limites". Les lieux, puisque les travailleurs sont de plus en plus en mouvement - train, métro, avion. Et les personnes, enfin, pour qui la technologie devient monnaie courante. 

L'exemple vient d'en haut

Cette transformation serait alors en mesure d'apporter aux salariés ce qu'ils attendent. En effet, ceux-ci sont 48% à considérer que le travail à distance permet de n'avoir pas besoin de rester au bureau pour terminer leur travail. 44% affirment même avoir moins de distraction. 35% encore pensent que cela leur permet de trouver un meilleur équilibre entre le travail et la maison. Pourtant, ils ne sont qu'un quart de patrons à considérer effectivement leurs employés plus productifs lorsqu'ils sont hors de l'entreprise. Sauf que, affirme Carolyn Buccongello, pour créer une main d'œuvre flexible, "les équipes de direction doivent construire une culture de confiance et une vision qui met l'accent sur les résultats individuels et non le temps passé au bureau". Et de conclure : "ce n'est pas du bon sens, c'est le sens des affaires".

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