Les dossiers de l'Atelier

La télémédecine doit miser sur la relation patient médecin pour s'imposer

L'accès aux services médicaux à distance se répand de plus en plus, mais il reste important pour le patient comme pour le praticien de garder un contact humain. Ce que les créateurs d'applications, mobiles ou non, semblent prendre de plus en plus en compte.

relation patient-médecin

Si la télémédecine simplifie l'accès aux services médicaux à distance aussi bien dans les pays développés que dans les pays émergents, une crainte a longtemps persisté quant aux barrières qu'elle dresse dans la relation patient-médecin. En effet, la multiplication des outils tend à automatiser les rapports, voire à les faire disparaître. On pense notamment à des applications telles que Gogohealth qui informatise les prescriptions pour éviter les rendez-vous médicaux en cas de symptômes minimes ou Mango Health, qui ludifie la prise de médicaments et informe sur les interactions médicamenteuses sans avoir à consulter son médecin. Mais ce que l'on peut retirer de ces initiatives, c'est qu'elles ne visent pas à remplacer le médecin en général. Elles visent à accélérer certains processus qui ne nécessitent pas forcément la prise d'un rendez vous. Reste que cela inquiète encore, ou rend frileux. 

Des médecins inquiets, des patients méfiants

Ainsi, l'année dernière PwC Global Healthcare dévoilait que seuls 27% des médecins proposaient à leurs patients d'utiliser des applications de e-santé. Et du côté des patients, le constat semble être le même : 39% des Américains sondés par Cisco se disent réticents quant à l'idée de partager leurs informations médicales personnelles sur internet. Mais la tendance semble toutefois se modifier : toujours dans le même rapport, on apprenais que trois quart des Américains préféreraient, s'ils avaient le choix, recourir à un service de télésanté. Et pour 70% d'entre eux, ce serait pour contacter leur propre médecin et ainsi renforcer leur relation. Il semblerait donc, si ces relations dématérialisées gardent du lien, qu'elles convainquent les individus comme le corps médical.

De futures applications plus tournées vers la communication

Ce constat est notamment valide en France. C'est en effet ce que semble l'indiquer un rapport de TNS Sofres pour LauMa Communication et Patients & Web, pour qui 58% des Français estiment que le web renforce leur échanges avec leur médecin. Chose qui devrait donc attirer dans les mois à venir les créateurs d'applications. C'est en tout cas déjà le cas pour des applications tels que Practice Fusion. En effet, bien que ses créateurs aient choisi de proposer un énième service de prise de rendez-vous médicaux en ligne, le site permet également aux cabinets médicaux de se créer un profil et d’interagir avec leurs patients en ligne, comme sur un réseau social. Une manière de toujours garder le contact et de renforcer les liens.

Pour GoGoHealth, l'élaboration de diagnostics et de prescriptions se fait à distance

Par 09 avril 2013 1 commentaire
Gogohealth

Afin d'économiser du temps et de l'argent, la startup américaine permet aux patients souffrant de maladies courantes d'avoir un diagnostic sans passer par la case médecin.

Aller chez le médecin prend du temps et se révèle parfois inutile. C'est en partant de ce constat que Kwaku Ampromfi et Natasha Alexeeva ont crée la startup GoGoHealth capable de délivrer un diagnostic aux patients souffrant de maladies courantes ou de blessures passagères. Ce logiciel web et mobile personnalisable permet aux fournisseurs de soins de santé de mettre en place leur propre clinique virtuelle et de créer un algorithme de prise de décision facile à concevoir, en utilisant une large gamme mis à leur disposition. Ces fournisseurs diffusent ensuite leurs analyses prédictives (analyse des faits présents pour faire des hypothèses) et peuvent délivrer en cas de besoin des ordonnances sans avoir à passer par le médecin.


Un gain de temps et d'argent

GoGoHealth s'utilise soit via une application mobile, soit via un ordinateur (dans les deux cas le patients doit disposer d'une caméra pour pouvoir être vu par les soignants en cas de besoin). Cela ne remplace évidemment pas le déplacement chez le médecin si la douleur est trop forte, mais dans des cas de maladies courantes comme une infection, une grippe ou un rhume, cette application permet aux patients de signaler et de trouver un traitement rapidement, sans avoir à se rendre chez son médecin. Pour ce faire, le patient doit s'inscrire, préciser quelques informations le concernant (sexe, poids, âge etc.) et décrire ses symptômes qui seront ensuite examinés par les soignants afin de voir si seuls des conseils sont nécessaires, ou s'il faut appeler le patient pour un examen plus approfondi. Ces données sont ensuite collectées dans des archives électroniques et permettent aux médecins un meilleur accès à l'historique médical des patients. Elles sont également soumises au moteur d'analyses prédictives de GoGoHealth qui identifiera les maladies qui ont besoin d'être traitées.

Un système qui ne séduit pas encore les Français

La loi sur la protection des patients et des soins abordables, surnommée « Obamacare » votée en 2010 a fait progresser le système de santé américain qui n'avait pas subi de changements depuis des décennies. Cette loi est représentative de la demande des Américains qui veulent des soins de santé plus adaptés. Ce contexte est favorable à la création d'une startup comme GoGoHealth, ce qui n'est pas forcément le cas en France comme nous l'explique Denise Silber, fondatrice de Basil Stratégies, « Cette startup est le prolongement des cliniques minutes qui existent aux États-Unis. En France elle serait applicable s'il y avait une volonté d'aller dans ce sens, ce qui n'est pas encore le cas ». 

Haut de page

1 Commentaire

Je vous suggère en complément d'information sur le sujet, 2 vidéos traitant du sujet qui viennent d'être publiées par l'European Patients' Forum...

http://www.youtube.com/watch?v=8M0PKEvcXJY&
http://www.youtube.com/watch?v=-WKe1r3sejI&

Soumis par Alexis de la Croix (non vérifié) - le 29 avril 2013 à 08h39

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas