Les dossiers de l'Atelier

La ville de demain a besoin des outils d'aujourd'hui

Pour améliorer l'espace urbain et le rendre moins énergivore et plus pratique pour les individus, le tout sans investir des sommes trop importantes, les projets se multiplient autour du mobile et des réseaux sociaux.

route du futur

 

Si les projets de villes dites du futur se multiplient, comme en Malaisie, en Corée du Sud (Songdo City) ou en Espagne, avec le projet 22@Barcelona, ces derniers ne concerneront qu'une partie infime de la population et de l'espace urbain. Pour les villes déjà existantes, mettre en place de telles infrastructures est en effet inenvisageable, notamment en termes de coût. Comment dés lors mettre en place les systèmes qui permettront aux cités d'être moins énergivores, plus pratiques et agréables à vivre ? C'est-à-dire qui permettront d'avoir une meilleure connaissance des flux d'individus et de moyens de transport, ou encore de la consommation d'énergie ? La réponse qui se dessine de plus en plus est en fait très simple : en se basant sur les solutions déjà existantes et largement répandues dans la population, comme le mobile et les réseaux sociaux.

Le mobile pour réguler le trafic

Utilisé par un nombre grandissant de la population, le téléphone permet en effet d'accéder à des services mais aussi de fournir des renseignements de position pour mieux gérer les flux. IBM s'est ainsi penché sur le rôle du mobile dans des villes comme Nairobi, où ce dernier pourrait permettre de contribuer à la gestion du trafic et à la diminution de la pollution via un système de péage urbain à payer depuis son téléphone. En récoltant les signaux de densité, il serait aussi possible de voir où se condense la population et de proposer des itinéraires alternatifs. Autre outil à utiliser massivement pour observer la répartition des individus en fonction des heures, des centres d'intérêt, ou des priorités de la vie quotidienne : les réseaux sociaux. Via Twitter et Foursquare, l'université de Carnegie Mellon a ainsi pu déterminer quels quartiers d'une ville attiraient certains profils de personnes, et comment du coup mieux répondre à leurs attentes et besoins.

Miser sur l'open data et la collaboration

Pour accélérer la mise au point de tels services, il y a évidemment les initiatives d'ouverture des données, menées par de plus en plus de cités, comme, en France, Montpellier et Rennes. Une étude menée par Lecko récemment rappelait ainsi les enjeux pour les collectivités : rendre de telles informations disponibles est source de dynamisme, de création de contenu et d'accès aux services pour tous. L'autre grande tendance, toujours dans l'esprit d'ouverture et de collaboration, c'est la mise en place de communautés qui rassemblent les institutionnels et les entreprises innovantes d'une collectivité afin de réfléchir aux services permettant d'améliorer la vie en ville. C'est ce que fait San Francisco avec SF.citi, initiative à laquelle participent des startup comme Airbnb ou Twitter.

Mobile, réseaux sociaux et géolocalisation, terreau favorable à l'Open Data

Par L'Atelier - Paris 30 avril 2012 Laisser un commentaire
open data

L’école d’ingénieur Epita lance un appel à projets auprès des entreprises et des collectivités autour des données publiques. Ces projets seront réalisés par ses étudiants entre juin et novembre.

Depuis quatre ans, les étudiants de l’Epita, école d’ingénieurs en informatique, réalisent dans le cadre de leur cursus des projets de fin d’étude pour le compte d’entreprises. Mais cette année est un peu particulière : les projets devront tous exploiter les données publiques mises à disposition par le gouvernement via data.gouv.fr. Etalab, la mission « open data » placée sous l’autorité du Premier ministre et la communauté Dataconnexions sont partenaires de l’opération. L’école a lancé un appel à projets en direction des entreprises, start-up, grands groupes ou même collectivités locales. En juin, les dossiers seront sélectionnés et répartis entre les étudiants (par groupes de trois) et la réalisation des projets durera jusqu’à novembre. « Je pense que l’ouverture des données publiques peut créer de nouvelles entreprises, de nouvelles activités économiques en France » estime Cyril Reinhard, responsable de la majeure Multimédia et technologies de l’information à l’Epita.

L’avenir dans le mobile et la géolocalisation

Concrètement, à quoi cette thématique encore nouvelle peut-elle donner lieu ? « Une application de recherche de logement à louer ou acheter, à Paris ou ailleurs en France, permettant de croiser plusieurs autre données : des informations sur le marché de l’emploi de la zone de recherche, sur la sécurité, sur les services municipaux, les écoles à proximité » détaille Cyril Reinhard, citant un projet développé dans un autre cadre à l’école. Le dépôt des dossiers n’est pas encore bouclé, mais l’enseignant s’attend à des projets autour de l’écologie, de la pollution, thèmes fréquents dans l’utilisation des open data. Plus généralement, les appareils mobiles et la géolocalisation devraient démultiplier les possibilités. L’an dernier, des étudiants ont développé pour Logica une application de géolocalisation permettant de visiter, sous forme de jeu de piste sur mobile, Nantes en y intégrant les données publiques de la ville (http://colloque-ria.fr/uploads/slides/ea9297e3514180022c69d0f6942e46d01221239f.pdf)

Trouver des ressources techniques

Sans compter tout ce que l’on peut créer en croisant les données publiques et des données issues de plateformes telles Facebook ou Foursquare. Les étudiants devront non seulement réaliser un projet mais aussi « vendre » leurs compétences auprès des commanditaires afin de se faire attribuer celui qui les intéresse. Et enfin, en assurer la présentation finale sur un mode plus marketing. Pour les entreprises et organisation, cette opération est un moyen de trouver des ressources techniques (les étudiants ingénieurs) qu’elles n’ont peut-être pas. « Les collectivités locales n’ont pas beaucoup de moyens techniques mais elles ont des ressources en communication, en gestion de projet ». L’opération devrait servir à libérer les initiatives et faciliter l’appropriation de ces données.

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