Les dossiers de l'Atelier

Voiture communicante : de l'éclatement de la bulle Internet au démarrage du marché des télématiques

Quatre ans après l'éclatement de la « bulle télématique », cela commence à devenir une réalité...

En pleine arrivée d’Internet en France, avant que le Nasdaq ne connaisse son premier coup de vent en mars 2000, les rêves étaient nombreux. Certains grands constructeurs automobiles se voyaient déjà opérateurs de service. Ils prédisaient qu’en 2004 (sic) près de 80 % de leurs nouveaux véhicules seraient équipés d’une connexion Internet !
Aujourd’hui, nous sommes loin du compte. Presque aucun modèle ne propose un accès embarqué à ses emails. Internet pénètre seulement certains modèles automobiles, et par un biais que l’on n’imaginait pas : la musique ! Et cela reste dédié aux aisés « geek », comme les propriétaires des derniers modèles BMW qui connectent les fameux iPod au système audio du véhicule.
Toutefois, les dernières études sur le marché mondial des télématiques pour l’automobile révèlent que plus 35 millions de véhicules en sont équipés (TRG). Télématiques ? L’alliance de l’informatique et des communications. Pour l’automobile ? Tous les terminaux et services qui peuvent offrir au conducteur et à ses passagers de la sécurité, des loisirs (lecteurs DVD, guide routier en plusieurs langues) et plus de productivité (système d’aide à la navigation, trafic en temps réel). Au sens large, les télématiques progressent donc bien. Les experts prédisent qu’en 2006, la moitié des nouveaux véhicules produits en Europe seront munis de terminaux télématiques, à commencer par le GPS qui se généralise progressivement.
Quelles technologies vont tirer le marché ? Quelles en seront les applications principales ? Comment les différentes zones géographiques de la planète sont-elles déjà impactées par ce marché émergent ? Les réponses dans ce dossier spécial sur un sujet que l’Atelier suit de près, depuis longtemps. Par ailleurs, l’Observatoire du véhicule d’entreprise a réalisé un dossier très complet sur la question.

Les grands usages télématiques : sécurité, productivité et loisirs "La voiture, nouveau réseau d’informations"

Par 24 septembre 2004
Mots-clés : Smart city, Europe

Si les connexions à Internet au sein des véhicules n’ont pas remporté l’adhésion du marché, l’hypothèse selon laquelle la voiture deviendrait un nouveau réseau d’informations tourné vers...

Si les connexions à Internet au sein des véhicules n'ont pas remporté l'adhésion du marché, l'hypothèse selon laquelle la voiture deviendrait un nouveau réseau d'informations tourné vers l'extérieur est bien en train de devenir une réalité.
Sécurité – On vérifie cette idée dans les usages des systèmes de télématiques embarqués (connexion directe à un centre d'appel en cas de panne ou d'accident, tracking de véhicule en cas de vol…), comme dans les systèmes d'aide à la navigation ou de GPS (positionnement satellite). A eux deux, ces usages liés à la sécurité du véhicule et des passagers représentent près de 40 % du marché (cf. en bleu, sur le tableau).
Productivité – Parallèlement, les moyens d'obtenir des informations en temps réel sur le trafic routier devraient se développer peu à peu par le biais des radios satellites (en vert, sur le tableau). Aujourd'hui, les applications phares dans ce domaine sont des cartographies codées de l'état du trafic, mises à jour par des centaines de caméras (630 en Ile de France pour le site Sytadin ). Au sein de votre véhicule, vous pouvez les consulter sur PDA . Les réseaux d'information trafic pénètrent ainsi en temps réel au sein des automobiles et permettent au conducteur d'optimiser son temps de trajet, autrement dit d'être plus productif !
Loisirs – Côté loisirs, les écrans DVD incorporés sur les sièges arrières sont devenus les usages les plus développés. Les lecteurs DVD disposés au sein des véhicules représentent 23,9 % du marché mondial des télématiques (en jaune). Les stratégies de contenus vidéo en mode push diffusés sur des écrans, à l'instar de l'ancien éditeur de logiciels Fantastic , n'ont pas rencontré la demande du marché. La notion de réseau tourné vers l'extérieur est donc ici un peu moins forte, mais si l'on inclut dans la partie « loisirs » les services de téléphone mains libres (en rouge), alors on retrouve de nouveau le développement de cette hypothèse.
 

Sécurité, productivité & loisirs : Les trois usages forts de la voiture communicante

 
2002
2004
2010
Etat des usages

Systèmes télématiques
2.5 millions
4.4 millions
28 millions
Sécurité, tracking de véhicule & monitoring

Systèmes de navigation & GPS
6.2 millions
9.4 millions
30 millions
En phase de généralisation

Dispositifs Bluetooth*
100 000
460 000
11.4 millions
Interconnexions téléphone, PDA…

Reconnaissance vocale**
3.2 millions
5.8 millions
30 millions
Technologie plus mature en 2004**

Radios satellite
350 000
2.2 millions
15.1 millions
Informations sur le trafic

Systèmes DVD
4 millions
8.4 millions
21.9 millions
Passagers arrière et avant

Systèmes téléphoniques mains libres
2.6 millions
4.5 millions
33 millions
« Mains libres, et yeux sur la route »

Source : Telematics Research Group (TRG), juillet 2004

*Norme de communication sans fil par onde radio courte de 1 à 100 m
** IBM et Honda viennent ainsi d'annoncer un système de reconnaissance vocale, capable d'identifier des requêtes par mots clefs mais aussi en langage naturel. Dès octobre prochain, il sera lancé en série sur l'Acura RL sedan, et en option sur l'Acura MDX et la Honda Odyssey.

L'avenir de la fibre optique dans la voiture
La multiplication des fonctions multimédias au sein des véhicules (CD, DVD, GPS, GSM…) fait naître un besoin de hauts débits lors des trajets : les constructeurs cherchent de plus en plus à équiper leur véhicules en réseaux en fibres optiques pour pouvoir transmettre le maximum de contenus numériques. Restent deux problèmes à résoudre : d'une part, le montage et le passage des fibres qui peuvent devenir plus délicats qu'avec le cuivre, d'autre part, l'entretien, car le cuivre est facilement réparable par un garagiste, à la différence de la fibre.
Données générales : L'électronique automobile représente 6 % du marché des semi-conducteurs . Le coût de l'électronique dans l'automobile représente de 15 % à 20 % du coût total du véhicule .

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